| Enfin, très chère Philothée, je vous conjure par tout ce qui est de sacré au ciel et en la terre, par le baptême que vous avez reçu, par les mamelles que Jésus-Christ suça, par le coeur charitable duquel il vous aima et par les entrailles de la miséricorde en laquelle vous espérez, continuez et persévérez en cette bienheureuse entreprise de la vie dévote. Nos jours s’écoulent, la mort est à la porte: "La trompette, dit saint Grégoire Nazianze, sonne la retraite ; qu’un chacun se prépare, car le jugement est proche." La mère de Symphorien, voyant qu’on le conduisait au martyre, criait après lui : "Mon fils, mon fils, souvienne-toi de la vie éternelle; regarde le ciel et considère Celui lequel y règne; la fin prochaine terminera bientôt la brève course de cette vie." Ma Philothée, vous dirai-je de même, regardez le ciel et ne le quittez pas pour la terre; regardez l’enfer, ne vous y jetez pas pour les moments; regardez Jésus-Christ, ne le reniez pas pour le monde; et quand la peine de la vie dévote vous semblera dure, chantez avec saint François :
"A cause des biens que j’attends, Les travaux me sont passe-temps".
VIVE JÉSUS, auquel, avec le Père et le Saint-Esprit, soit honneur et gloire, maintenant et toujours et ès siècles des siècles. Ainsi soit-il.
('Introduction à la vie dévote' / St François de Sales)
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