| 1. Dans leur définition du monde, les philosophes disent qu'il y a cinq cercles, appelés par les Grecs parallèles, c'est-à-dire zones, entre lesquels se partage le globe terrestre. Virgile les présente dans les Géorgiques, en disant :
Cinq zones occupent le ciel.
Mais imaginons-les à la manière de notre main droite: le pouce sera le cercle arctique, inhabitable à cause du froid; le second doigt le cercle estival, tempéré et habitable; le médius le cercle équinoxial, torride et inhabitable; le quatrième doigt le cercle hivernal, tempéré et habitable; le petit doigt le cercle antarctique, froid et inhabitable.
2. I,e premier de ces cercles est le septentrional, le second le solsticial, le troisième l'équinoxial, le quatrième l'hivernal, le cinquième l'austral. Varron en parle en ces termes: Or la sphère céleste est ceinte de cinq zones, I,es hivers désolent les plus basses, les chaleurs celles du centre. Entre les deux extrêmes et la zone centrale sont habitées ainsi les terres Que jamais l'ardeur du soleil ne saurait consumer de sa flamme puissante Une figure comme celle-ci distingue les divisions de ces cercles :
Roue des cercles du monde :
Premier cercle, l'arctique, que le froid rend inhabitable.
Second cercle, l'estival, tempéré et habitable.
Cercle central, l'équinoxial, torride et inhabitable.
Quatrième cercle, l'hivernal, tempéré et habitable.
Cinquième cercle, l'antarctique, froid et inhabitable.
3. Quant au cercle équinoxial, il est inhabitable, parce que le soleil, dans sa course au milieu du ciel, dégage dans ces régions une chaleur écrasante, au point que les fruits de la terre n'y peuvent naître à cause du dessèchement du sol, ni les hommes y habiter, à cause de la température excessive. En revanche, les cercles septentrional et austral, qui se trouvent associés, ne sont pas habités parce qu'ils sont situés loin de la course du soleil, et désolés par la rigueur excessive du climat et les souffles glacés des vents.
4. Le cercle solsticial, qui se trouve placé à l'est entre les cercles septentrional et estival, et celui qui se trouve situé à l'ouest entre les cercles estival et austral, sont tempérés, pour la bonne raison qu'ils tiennent de l'un des cercles son froid rigoureux, de l'autre sa chaleur. Virgile dit à leur sujet: Entre ces zones extrêmes et celle du centre, deux autres furent accordées aux débiles mortels par un présent des dieux. Et ceux qui sont les plus proches du cercle estival sont justement les Éthiopiens, au teint brûlé par la chaleur excessive. ('De Natura rerum' / St Isidore de Séville)
|