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DEFENSE D'UN MARTYR,
DENONCIATION D'UNE FALSIFICATION :


La Sainte Trinité
Au sujet du livre de Pamphilius il m'est arrivé un événement, qui ne me couvre pas de ridicule, comme vous le dites, mais qui est assez plaisant. Après avoir dit que cet ouvrage était d'Eusèbe et non de Pamphilius, j'ai dit enfin que pendant plusieurs années j'avais bien pensé qu'il était de Pamphilius, et que l'exemplaire en avait été altéré par vous. Voyez combien je crains peu vos plaisanteries pour oser les reproduire ici. Nous avons reçu un exemplaire de votre ouvrage, comme s'il était de Pamphilius ; j'ai cru un chrétien, j'ai cru un prêtre, je n'ai jamais eu la pensée que vous puissiez commettre un tel crime. Mais dans le moment où tout l'univers s'occupait de la question d'Origène, je me suis appliqué avec plus de soin à rechercher les exemplaires ; et dans la bibliothèque de Césarée j'ai trouvé six volumes d'Eusèbe. Lorsque j'en eus fait lecture, je pris le volume que vous seul aviez mis au jour sous le nom d'un martyr : il parlait du Fils et du Saint-Esprit, et renfermait en grande partie des blasphèmes, la plupart altérés. C'est vous, Didymus ou un autre qui avez écrit ce que vous êtes convaincu d'avoir écrit si ouvertement dans l'ouvrage periarkon, et cela avec d'autant plus de raison, qu'Eusèbe, comme j'ai déjà dit dans deux de mes ouvrages, assure que Pamphilius n'a mis au jour aucun autre ouvrage que le sien propre. Dites-nous donc de qui vous tenez l'exemplaire, et, pour éviter l'opprobre , n'allez pas me nommer quelqu'un qui ait cessé de vivre, et, ne sachant m'indiquer l'auteur, n'allez pas rechercher un homme qui ne peut plus parler. Mais si ce mensonge prend sa source dans vos tablettes, il est évident que quand bien même je me tairais, vous ne pourriez vous empêcher de le savoir. Admettez comme vrai que le titre de ce livre et le nom de son auteur aient été changés (394) par quelques partisans d'Origène. Pourquoi l'avez-vous traduit en latin? c'est sans doute pour que le grand nom de ce martyr fasse adopter partout le monde les opinions d'Origène, sur la réputation et le témoignage d'un si grand écrivain. Il ne nous suffit pas de l'apologie de ce personnage éclairé, il faut encore que vous écriviez vous-même un livre pour le soutenir. Après avoir fait répandre ses ouvrages par vos partisans, vous traduisiez sans crainte du grec vos livres periarkon, et vous en faisiez l'éloge dans la préface, en disant que tout ce qui a été altéré par les hérétiques dans ces ouvrages, vous l'avez corrigé par la lecture des autres écrits d'Origène. Vous me louez aussi moi-même dans la crainte de trouver quelque contradicteur parmi mes amis. Vous publiez les vertus d'Origène. Vous élevez jusqu'au ciel mon élégance pour traîner ma foi dans la boue, vous m'appelez votre frère, votre collègue, vous affirmez que vous cherchez à être mon imitateur; et, après avoir vanté la traduction que j'ai faite des soixante-dix homélies d'Origène et de quelques commentaires sur l'Apôtre, où j'ai corrigé ce qu'il y avait de défectueux, afin que les Latins n'y trouvent rien de contraire à la foi catholique, vous accusez aujourd'hui ces mêmes livres d'hérésie. Vous vous exprimez d'une toute autre manière sur celui-là même que vous avez vanté autrefois, croyant qu'il pensait comme vous; vous le condamnez parce que vous voyez en lui un ennemi de vos impostures. Qui de nous deux a calomnié le martyr? Est-ce moi qui proclame qu'il n'est point hérétique et qu'il ne peut être l'auteur d'un livre condamné par l'univers entier; ou vous qui, changeant le titre de l'ouvrage, avez mis au jour sous le nom d'un martyr les oeuvres d'un Arien? Vous ne vous contentez pas d'avoir scandalisé la Grèce, il faut encore que vous scandalisiez les Latins, que vous défiguriez par votre version autant qu'il est en votre pouvoir un illustre martyr. Il est vrai que telle n'était pas votre intention, ce n'était pas pour faire condamner le martyr, ce n'était pas pour m'accuser, mais c'était pour soutenir contre nous les opinions d'Origène. Mais sachez que la foi romaine, célèbre par la tradition apostolique, ne se laisse pas prendre à de tels piéges; la voix d'un ange lui annoncerait une religion différente de celle qui nous est enseignée, que, soutenue par le grand nom de Paul, elle ne pourrait jamais se laisser égarer. Ainsi. mon frère, quoique l'ouvrage ait été falsifié par vous, comme on le croit généralement, soit par un autre, comme vous vous efforcez même de le prouver, soit que vous ayez pensé témérairement que les oeuvres d'un hérétique étaient d'un martyr, changez le titre et délivrez la simplicité romaine d'un grand péril. Il ne vous appartient pas de faire passer pour hérétique le plus illustre des martyrs, et pour ennemi de la religion du Christ celui qui a sacrifié sa vie pour elle. Dites plutôt : j'ai trouvé un livre, j'ai cru qu'il était d'un martyr. Ne craignez pas d'être puni, je ne vous poursuivrai pas, je ne chercherai pas des mains de qui vous l'avez revu; ou bien nommez quelqu'un que la mort a frappé, ou bien encore dites que vous l'avez acheté à un inconnu sur la place publique. ('Apologie contre Rufin' / St Jérôme)





CONSEILS POUR LA MEDITATION




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