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PREFACE (suite) :


La Sainte Trinité
L'ennemi, quand il vient de front, s'applique à faire manœuvrer dans le secret d'autres troupes qui puissent frapper de côté avec d'autant plus de liberté que l'adversaire est plus attentif à recevoir l'ennemi de face. Ainsi Job, engagé dans la lutte, soutint ses pertes comme un assaut direct, et supporta les discours des consolateurs comme un assaut sur ses flancs. En tout cela, protégé par le bouclier de sa force d'âme, il se couvrit de partout, et para avec vigilance tous les coups qu'on lui portait.

Ses biens, il en méprise la perte en silence ; sa chair, il souffre d'un cœur égal qu'elle meure dans ses enfants ; sa chair, il supporte avec patience qu'elle soit frappée dans son propre corps ; sa chair, il la reprend avec sagesse dans les mauvais conseils de son épouse. Pour comble, surgissent ses amis, rigoureux sermonneurs ; venus pour adoucir une douleur, ils ne savent qu'ajouter à sa violence. Toutes ces machinations se changent pour le saint homme en mérites accrus. Les blessures mettent à l'épreuve sa patience, les discours exercent sa sagesse. Sur tous les points il résiste avec fermeté, triomphant des désastres avec courage et des paroles avec intelligence.

Sans doute, ses amis venus pour le consoler et qui se laissent aller aux injures, nous apparaissent plus ignorants que méchants : il serait incroyable que Job eut des amis pervers ; mais n'arrivant pas à discerner la raison de ses épreuves, ils tombent dans le péché.

Il y a diverses espèces d'afflictions : autre celle qui frappe le pécheur pour le châtier sans appel; autre celle qui frappe le pécheur pour qu'il se corrige ; autre celle qui frappe parfois non pour remédier à des fautes passées mais pour prévenir des péchés futurs ; autre celle qui souvent ne frappe ni pour corriger les fautes passées, ni pour prévenir les fautes à venir, mais pour faire aimer davantage la puissance reconnue du Sauveur, une délivrance inattendue succédant à l'épreuve. Quelquefois, dis-je, le pécheur est frappé d'un châtiment sans appel ; ainsi dans la condamnation de la Judée : " Je t'ai frappée comme on frappe un ennemi, d'un châtiment cruel y, et encore: " Pourquoi crier vers moi à cause de ta blessure ? Ta douleur est sans remède ".

Quelquefois le pécheur est frappé pour qu'il se corrige ; ainsi dans l'Évangile : " Te voici guéri ; ne pèche plus désormais de crainte qu'il ne l'arrivé quelque chose de pire ". Ces paroles du Sauveur laissent entendre que les péchés antérieurs exigeaient que la souffrance éprouvée fût violente. Quelquefois l'épreuve frappe non pour purifier des fautes anciennes, mais pour éviter des fautes à venir. C'est ce que saint Paul nous dit clairement à son propre sujet : " De crainte que la grandeur de mes révélations ne vînt à m'enfler d'orgueil, il m'a été donné l'aiguillon de ma chair, un ange de Satan pour me souffleter. " En disant non pas : parce que je me suis enflé d'orgueil, mais " de crainte que je n'en vinsse à m'enfler d'orgueil ", il montre que cette épreuve veut réprimer un danger futur, non purifier une faute passée.

('Morales sur Job' / St Grégoire le Grand)






CONSEILS POUR LA MEDITATION




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