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SENS ALLEGORIQUE :


La Sainte Trinité
Les simples fidèles se classent en diverses conditions ; aussi, après une indication générale sous le nom de filles, des distinctions sont maintenant établies sous des vocables d'animaux. Les sept mille brebis expriment la parfaite innocence de ceux qui, des pâturages de la Loi, sont venus à la perfection de la Grâce. Les trois mille chameaux désignent les païens déformés par leurs vices, arrivant à la plénitude de la foi. Dans l'Écriture, le chameau signifie parfois le Seigneur, parfois les Gentils. Le chameau représente le Seigneur, comme par exemple dans ce reproche qu'il fait aux Juifs : " Vous filtrez le moustique, et vous avalez le chameau " : le moustique siffle en piquant ; le chameau spontanément s'agenouille pour recevoir sa charge. Les Juifs ont filtré le moustique en demandant la délivrance d'un brigand séditieux ; ils ont avalé le chameau en réclamant à grands cris la mort de celui qui, volontairement, s'était abaissé à prendre la charge de notre mortalité. Ailleurs, le chameau est le symbole des Gentils. De là vient que Rébecca, en route vers Isaac, est conduite à dos de chameau : quand l'Église se hâte du paganisme vers le Christ, elle se trouve dans les voies tortueuses et vicieuses de sa vie ancienne. En apercevant Isaac, Rébecca descend : en reconnaissant le Seigneur, le paganisme abandonna ses vices, et, descendant de sa hauteur orgueilleuse, atteignit les bassesses de l'humilité. Elle se voile avec pudeur, rougissant devant lui de sa vie passée, et l'apôtre dit à ces mêmes païens : " Quels fruits avez-vous alors tiré de ces désordres dont vous rougissez maintenant " ? Ayant pris les brebis comme symbole des Juifs, qui, des pâturages de la Loi, viennent à la foi, rien ne nous empêche d'interpréter les chameaux comme symbole des païens déformés par leurs vices, chargés de leurs cultes idolâtriques. Ces dieux, en effet, qu'ils tirèrent de leur imagination pour les adorer, ils les portaient comme un fardeau, né d'eux-mêmes, et les écrasant.

Parce que les chameaux sont des animaux impurs, ils peuvent encore symboliser les Samaritains. Les chameaux ruminent, mais leur sabot n'est pas fendu : or, les Samaritains ruminent en ce qu'ils reçoivent une partie de l'Écriture ; leur sabot n'est pas fendu, en ce qu'ils en rejettent une autre. Sur leur échine spirituelle ils portent un poids très lourd : car ils peinent dans leur œuvres, sans espérer la résurrection de la chair à laquelle ils ne croient pas. Rien n'est plus accablant, plus pénible, que de supporter les afflictions du temps sans l'espoir, pour réconforter l'âme, de la joie de la récompense.

Le Sauveur apparaissant dans la chair a rempli les Juifs de la perfection de la grâce, et acheminé quelques Samaritains, par la vue de ses miracles, à la connaissance de la foi : il est donc bien dit de l'ombre qui était une figure de la Vérité, qu'elle eut en sa possession sept mille brebis et trois mille chameaux.

('Morales sur Job' / St Grégoire le Grand)





CONSEILS POUR LA MEDITATION




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