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PREFACE :


La Sainte Trinité
L'ennemi demanda Job pour le perdre. On le lui accorda, mais pour l'avancement (de Job). Le Seigneur permit par bonté ce que le diable demandait par malice : L'ennemi l'avait réclamé pour le réduire à rien ; en l'éprouvant, il ne fit qu'accroître ses mérites selon qu'il est écrit : " En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres ".

Si dans ses réponses, certaines expressions paraissent un peu fortes à des lecteurs sans expérience, c'est qu'ils sont incapables d'interpréter les paroles des saints avec la piété qui les dicte. Ne sachant pas entrer dans les sentiments d'un juste malheureux, ils sont incapables de bien interpréter les paroles de sa douleur. La souffrance compatissante (seule) sait juger l'état d'âme de celui qui souffre.

Croire que Job a failli dans ses discours, c'est oublier qu'en blâmant ses réponses, on déclare fausse l'opinion du Seigneur sur son compte, du Seigneur qui dit au démon : " As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'a pas son pareil sur la terre ; c'est un homme simple et droit, qui craint Dieu et qui fuit le mal ". Et le démon riposte : " Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? Ne l'as-tu pas protégé de toutes parts, lui et toute sa famille ? Mais étends un peu la main sur lui, touche-le, et tu verras s'il ne te maudit pas en face ! "

Sans doute, c'est contre Job que l'ennemi déchaîne ses attaques, mais c'est contre Dieu qu'est engagé le combat. Entre Dieu et Satan, le bienheureux Job, au milieu, n'est que l'enjeu de la bataille.

Soutenir que le saint, plongé dans la douleur, a péché dans son langage, c'est tout simplement reprocher à Dieu d'avoir perdu la partie, lui qui s'était porté garant. Car c'est bien lui qui a pris la responsabilité de la tentation, lui qui, avant l'épreuve, a mis Job en avant, et qui, l'ayant mis en avant, a permis qu'il soit tenté par l'épreuve. Dire que Job a lâché pied, c'est prétendre que Dieu qui le loue a succombé, alors que, justement, les dons faits à Job témoignent de sa complète innocence. Tout le monde sait qu'une faute mérite un châtiment, non une récompense. Quand un homme est digne de recevoir le double de ce qu'il a perdu, il montre, par son salaire, que ses paroles furent vertus, et non pas fautes.

A cette raison, on peut ajouter l'intercession de Job pour ses amis coupables : chargé de péchés graves, écrasé sous leur poids, on ne saurait effacer ceux des autres ; Job prouve donc encore son innocence en obtenant le pardon d'autrui.

Si certains trouvent mauvais qu'il ait fait sa propre apologie, qu'ils réfléchissent qu'après la perte de tous ses biens, après une si grave maladie, en deuil de ses enfants, accablé de reproches par ses amis venus pour le consoler, il était acculé au désespoir. Les propos injurieux de ceux qui le morigénaient tombaient sur lui qu'accablaient déjà tant de maux. Car tandis qu'ils lui faisaient des reproches comme à un coupable, alors qu'ils étaient venus pour le consoler, ils le condamnaient au désespoir. S'il se rappelle ses bonnes actions, ce n'est pas pour en tirer vanité, mais pour ranimer l'espérance dans son âme défaillante à demi sous les coups et les propos (blessants). Le cœur est transpercé par les flèches d'un lourd désespoir, quand les châtiments de la colère divine l'oppressent, et que d'injurieux commérages viennent le blesser du dehors. Le bienheureux Job, criblé de tant de traits douloureux, craignant de crouler sous tant d'opprobres, se redresse par la confiance qu'il tire de sa vie passée. Ce ne fut nullement un péché d'orgueil que de combattre cet assaut intérieur de désespoir par l'étalage de ses bonnes actions : en disant le bien qu'il avait fait, il ne désespérait plus du Bien qu'il avait poursuivi.

('Morales sur Job' / St Grégoire le Grand)






CONSEILS POUR LA MEDITATION




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