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HERODE :


La Sainte Trinité
1. Quand Hérode eut vu qu'il avait été joué par les Mages, il entra en grande colère, et il envoya tuer tous les enfants en bas âge. (Matth. 2, 16). Mais toi, injuste Hérode, n'as-tu pas entendu dire que l'étoile était le héraut du nouveau-né ? Pourquoi ne pensais-tu pas, puisqu'elle venait du ciel, que tu ne pouvais pas résister à l'œuvre du ciel ? Et parce que cet homme a privé des mères de ceux qu'elles chérissaient, il fut châtié dans ses trois fils et son épouse, et lui-même mourut d'une mort terrible.

2. Hérode, aveuglé par l'envie, ne pouvait tirer au clair ni comprendre cette affaire. De même qu'il avait interrogé au sujet d'un oracle du prophète Michée, ainsi interrogeait-il au sujet de l'oracle d'Isaïe. Car la famille, la mère, le village et la date de naissance de cet enfant étaient révélées ; sa famille serait de la maison de David, avait dit Jacob (Gén. 49, 10) ; sa mère serait vierge, d'après Isaïe (Is. 7, 14) ; son village serait Bethléem, selon Michée (Mich. 5, 1) ; la date était bien celle que disaient les Mages. Or, grâce au recensement du monde fait par les Romains, Hérode avait appris que Jésus avait été inscrit comme fils de Joseph. Bien qu'il sût toutes ces choses, il n'arrivait pas, enivré d'envie, à reconnaître l'enfant. Il était semblable à Saül ; celui-ci avait la possibilité de goûter au sang de David dont il avait soif, mais il ignorait que David était entre ses mains (I Sam. 24 et 26). Salomon au contraire put rendre un juste jugement et discerner le fils de la prostituée (I Rois 3, 16-28). Et Dalila put sonder et forcer à s'exprimer la pensée cachée dans le cœur de Samson (Jug. 16, 4-21).

3. Mais parce que ni la famille, ni la date de naissance du libérateur des Hébreux n'étaient claires pour lui, Pharaon fit saisir et tuer beaucoup d'enfants, afin que, parmi leur multitude, mourût le seul dont la mort lui importait. De même qu'il convenait que Saül sût par beaucoup de signes qu'il ne pouvait pas triompher de la puissance de David, ainsi en était-il pour Hérode à l'égard de la puissance du fils de David. Mais la haine, bien loin d'apprendre ou de connaître, se hâte de faire pécher et de perdre. De cette espèce sont les fils de Satan, , lequel pensa : e puis tuer Moïse, perdre David, et mettre en croix le fils de David. Bien plus, Caïn, son disciple, pensait : Je puis tromper Dieu, quand il disait : Suis-je le gardien de mon frère ? (Gén. 4, 9). Géhazi aussi pensa pouvoir tromper Élisée (II Rois 5, 20-27) ; et Iscariote, Notre-Seigneur.

4. Les enfants massacrés furent, à un double point de vue, témoins des justes massacrés avant eux, et accusateurs des homicides. De même que les Juifs chassèrent et rejetèrent Notre-Seigneur, parce qu'il avait dit : Je suis Dieu (Jn 10, 30), ainsi massacrèrent-ils des enfants ignorants et innocents avant qu'ils n'eussent pu devenir des hérauts de leur maître. Une voix s'est élevée dans Rama ; Rachel pleurant ses fils (Matth. 2, 18 ; Jér. 31, 15). Si Bethléem de Juda est la cité d'un fils de Lia (Gen. 30, 35), pourquoi Rachel pleurait-elle ses fils, morts pour le Christ ? Rachel pleurait, parce que le Rédempteur n'était pas l'un de ses fils, vu que Lia est la figure du premier peuple et Rachel celle de l'Église ; mais la stérile a enfanté, et les fils de la veuve sont devenus plus nombreux que ceux de l'épouse (Is. 54, 1). Ou bien il y a allusion à la proximité des deux tribus de Benjamin (Gen. 35, 16-18) et de Juda, car il est écrit : Rachel mourut à un stade de l'entrée d'Ephrata, qui est Bethléem. (Gen. 35, 19). De même Moïse, dans sa bénédiction de Benjamin, dira de lui : Il demeurera entre ses coteaux (Deut. 33, 12) ; en effet, le repos (c'est-à-dire l'arche, puis le temple de Dieu) s'est fixé à Jérusalem, qui est dans l'héritage de Benjamin (Jos. 18, 28). Et Samuel, lors de l'onction de Saül comme roi d'Israël, lui donnera ce signe : Tu rencontreras trois hommes à Zelzech, près du tombeau de Rachel, à la frontière de Benjamin (I Sam. 10, 2)

5. Rachel pleurait ses fils. Hélas ! pleure Rachel, non pas comme lors de cette première lamentation, quand les ennemis vinrent et s'approchèrent de tes enfants, mais pleure sur ceux qui, après avoir été tués, ont été jetés sur les places publiques, non par des étrangers, mais par les fils de leur père Jacob. Pourtant, contiens ta voix dans ta plainte, car la récompense de tes larmes est inscrite ; ceux qui sont nés avec le fils de David, à l'époque où il est né lui-même, en ont été les bénéficiaires ; ils ont été les hérauts de son joyeux message au temps de son joyeux message au temps de la visite. Voici qu'ils en ont reçu une place de choix dans la Jérusalem d' en haut, notre mère, que nous avons confessée, qui est apparue à Moïse sur la montagne (Ex. 24, 10) ; ils en ont hérité. Tiens bon, et accueille la consolation qui te vient de ton fils choisi, Saül, c'est-à-dire Paul, lui, ton consolateur et la récompense de tes larmes et de tes douleurs.

6. Quand il vit qu'il avait été joué par les Mages, il se mit en colère (Matth. 2, 16). O Israélites, aveugles parce que vous ne comprenez pas, sourds parce que vous n'entendez pas et, maintenant encore, ne vous éveillez pas à la voix d'Isaïe : Le Seigneur Dieu vous donnera un signe (Is. 7, 14). Ce signe vous a été donné à tous dans celui-là même qui est né de la vierge. Bien sûr, un signe a été donné à Moïse (Ex. 3. 1-6, 4. 1-9), pour qu'il soit convaincu, comme par un mystère, lui seul, indépendamment des autres ; et un signe a été donné à Gédéon (Jug. 6, 17-21, 36-40) et un autre à Ézéchias (II Rois 20, 8-11 ; Is. 38, 7-8). Mais ces signes étaient privés, tandis que celui qui vous a été envoyé par les Mages était une œuvre claire, et la vraie mise à nu des énigmes de votre loi. Comment n'avez-vous pas compris qu'était venu le temps de la Rédemption, et n'avez-vous pas cru à la mise au monde d'un enfant par une vierge ? Étiez-vous peut-être, avec votre roi, établis dans l'ignorance stupide, attendant que les Mages reviennent chez vous, et vous parlent à nouveau de lui ?

7. Ne vous suffit-il pas que des étrangers soient venus et vous aient éveillés, pour que vous compreniez que le Christ est né ? A moins que vous n'ayez partagé les projets de votre assassin, second Pharaon, Cananéen de la race d'Ascalon (Jos. 13, 3). Quand Saül apprit que, par ignorance, les prêtres avaient secouru David, il ordonna de les envoyer chercher, et il les tua (I Sam. 21, 1-8 ; 22, 6-19). C'est donc justice qu'il vous soit arrivé, à vous aussi, d'être responsables du sang innocent (Cfr Matth. 27, 25), comme cela arriva à Saül, comme son fils le fut par Hérode. Les prêtres furent tués à cause de David, et les enfants à cause de Notre-Seigneur. Abiathar échappa au massacre des prêtres (I Sam. 22, 20), comme Jean à celui des enfants. Avec Abiathar fut aboli le sacerdoce de la maison d'Héli, et avec Jean la prophétie des fils de Jacob.   ('Commentaire sur le Diatessaron' / St Ephrem)






CONSEILS POUR LA MEDITATION




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