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QUATRIEME HOMELIE (fin) :


La Sainte Trinité
Analyse - La quatrième homélie traite de la vocation de saint Paul à l'apostolat, de la fidélité avec laquelle il a répondu à sa vocation, des causes du progrès de la foi dans le monde, malgré l'obscurité et la faiblesse de celui qui l'annonçait.
- Elle est terminée par un morceau fort éloquent sur le courage et le succès de l'Apôtre dans la prédication de l'Evangile.

Il y avait encore d'autres obstacles. Non-seulement les lois anciennes n'étaient pas des auxiliaires, c'étaient des adversaires qui faisaient la guerre à la doctrine; ajoutez à cela la perversité, l'ignorance des calomniateurs : ils ont pour roi, disait-on, ce Christ. Ce qu'ils (350) redoutaient, ce n'était pas cette royauté d'en-haut, pouvoir terrible, sans bernes; ils prétendaient que les Apôtres voulaient établir une tyrannie sur la terre, et les calomnies se répétaient, et la lutte était publique, et individuelle, et particulière; publique, en effet il semblait que l'état allait périr, que les lois étaient bouleversées; particulière, car chaque famille était divisée, déchirée. Le père faisait la guerre à ses enfants, le fils reniait son père, les femmes leurs maris, les maris leurs femmes, les filles leurs mères, les parents leurs parents, les amis leurs amis, c'était la guerre sous toutes ses formes, la guerre partout, s'insinuant dans les maisons, divisant les membres de la même famille, bouleversant les sénats, jetant la confusion dans les tribunaux; les moeurs, les usages de la patrie ne se retrouvaient plus, les fêtes, le culte des démons, rien ne subsistait plus de ce que les anciens législateurs avaient regardé comme devant être conservé avant tout, avec le plus grand soin. En même temps la haine ombrageuse de la tyrannie traquait partout les chrétiens. Et l'on ne dira pas que si les Grecs persécutaient les apôtres, l'Evangile n'avait rien à craindre des Juifs, ennemis bien plus dangereux et remuants; ils lui reprochaient la destruction de leur propre loi.
Il ne cesse pas, disaient-ils, de proférer des paroles de blasphèmes contre le lieu saint et contre la loi. (Act. VI, 13.) Partout éclatait l'incendie, dans les maisons, dans les villes, dans les campagnes, dans les déserts, chez les Grecs, chez les Juifs, chez les princes, chez les sujets, au milieu des parents, sur la terre, sur la mer, dans les palais des empereurs; la fureur irritait la fureur; c'était partout une rage universelle, plus terrible que celle des bêtes féroces; et le bienheureux Paul, intrépide au milieu de tant de brasiers ardents où il s'élance, ferme au milieu des loups, attaqué de toutes parts, non-seulement n'est pas écrasé, mais encore c'est lui qui ramène tout dans les voies de la vérité. Vous dirai-je d'autres combats non moins terribles? les combats contre les faux apôtres, et, ce qui était pour lui l'affliction la plus cruelle, la faiblesse de ses propres disciples; un grand nombre de fidèles se laissaient corrompre, et Paul suffit encore à triompher de ces désastres. Comment, par quelle puissance? Nos armes ne sont point charnelles, mais puissantes en Dieu pour renverser les obstacles, détruisant les raisonnements humains et toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu. (II Cor. X, 4, 5.) Voilà qui changeait, qui transformait tout à la fois. Et comme on voit la flamme s'allumer, consumer peu à peu les épines, s'accroître et purifier les champs, ainsi le discours de Paul, avec plus d'impétuosité que la flamme, emportait tout: le culte des démons, les fêtes, les assemblées, les moeurs reçues des pères, les lois corruptrices, les fureurs des peuples, les menaces des tyrans, les complots domestiques, les oeuvres ténébreuses des faux apôtres; disons mieux, comme aux rayons du soleil qui se lève, les ténèbres s'enfuient, les bêtes fauves se cachent et se retirent dans leurs tanières, les brigands s'éloignent, les assassins rentrent au plus vite dans leurs cavernes, les pirates disparaissent, les profanateurs des tombeaux s'écartent, libertins, voleurs, misérables artisans d'escalade et d'effraction, tous se cachent et s'évanouissent, redoutant la lumière qui les accuserait, car voici que tout est clair et brillant, et la terre, et la mer, et les rayons d'en-haut illuminent tout, les flots, les montagnes, les continents, les villes; de même quand apparut ce héraut de la vérité, quand Paul répandait partout la lumière, l'erreur prenait la fuite, la vérité revenait; les graisses des sacrifices et leur fumée, et les cymbales, et lés tambours, et les ivresses, et les orgies, et les fornications, et les adultères, et toutes les cérémonies impossibles à nommer, que les idolâtres pratiquaient dans leurs temples, cessèrent : tout fut consumé, comme la cire que le feu liquéfie, comme la paille que la flamme brûle. La flamme brillante de la vérité monta resplendissante et s'éleva dans les airs jusqu'au ciel; les efforts mêmes pour l'éteindre la faisaient jaillir, les obstacles ajoutaient à son élan: ni les périls n'en retardaient l'irrésistible essor et la célérité, ni la tyrannie des vieilles coutumes, ni la puissance des moeurs de la patrie, ni la force des lois, ni la difficulté même de pratiquer l'Evangile, nul obstacle ne pouvait prévaloir. Et cependant voulez-vous comprendre toute la force des éléments qu'on avait contre soi ? menacez les païens, je ne dis pas des dangers, de la mort, de la faim, mais d'un léger dommage dans leur fortune, vous les verrez tout de suite tout changer. Mais les défenseurs de l'Evangile sont mutilés, exterminés de toutes parts, on leur fait partout la guerre, de mille manières, et l'Evangile fleurit de plus en plus. Et à quoi bon parler des païens de nos jours, (351) hommes vils et méprisés ? Evoquons plutôt ceux qui furent admirés, les philosophes illustres, Platon, Diagoras, le philosophe de Clazomène, et tous les autres, et vous comprendrez alors la force de la prédication. Car, après la ciguë de Socrate, les uns se retirèrent à Mégare, dans la crainte d'avoir le même sort; d'autres perdirent leur patrie et leur liberté, sans avoir pu rien conquérir qu'une seule femme, à la cause de la philosophie. Le sage de Cittium, malgré le système de morale et de gouvernement qu'il laissa dans ses écrits, finit de même. Et cependant ils n'avaient à surmonter ni obstacles, ni dangers, le talent ne leur manquait pas, ils avaient l'éloquence, les richesses, la gloire de leur patrie ; cependant ils n'eurent aucun résultat. Car tel est le caractère de l'erreur; sans que rien la trouble, elle se dissipe; tel est le caractère de la vérité, quelle que soit la foule de ses adversaires, elle s'élève. Et c'est ce que proclame la simple réalité des faits accomplis : il n'est besoin ni de discours, ni de paroles quand on entend la voix du monde entier, des villes, des campagnes, de la terre, de la mer, des contrées habitées, des contrées désertes, des cimes des montagnes. Car Dieu n'a pas oublié le désert dans la dispensation de ses bienfaits; il l'a au contraire comblé de tous les biens qu'il nous a apportés en descendant du ciel, et qu'il nous a transmis par la langue de Paul et par la grâce qui le remplissait. Le zèle de l'Apôtre l'ayant rendu digne d'un tel présent, l'abondance de la grâce resplendit en lui, et la plus grande partie des merveilles que nous avons racontées, s'accomplit par sa parole.
Donc puisqu'il est vrai que Dieu a honoré la race des hommes au point de juger un homme digne de produire, à lui seul, de si grandes choses, soyons pleins de zèle, imitons-le, faisons tous nos efforts pour nous rendre semblables à lui, nous aussi, et n'allons pas croire que ce soit chose impossible. Car je ne cesserai pas de répéter ce que j'ai dit bien souvent, que son corps ressemblait au nôtre, que sa nourriture était comme la nôtre, son âme comme la nôtre, mais sa volonté était forte, son désir, ardent, c'est par là qu'il est devenu ce qu'il a été. Donc pas de découragement, de désespoir. Préparez vos âmes, et il n'y a aucun empêchement à ce que vous receviez la même grâce. Dieu ne fait pas acception des personnes ; le même Dieu l'a formé et vous appelle; comme il fut son Seigneur, il est aussi le vôtre; comme il l'a glorifié, il veut aussi vous couronner vous-mêmes. Offrons-nous donc à Dieu et purifions-nous, afin d'obtenir, nous aussi, l'abondance des mêmes dons, et ensuite les mêmes biens, par la grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient la gloire avec la puissance, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.   (Eloge de St Paul / Jean Chrysostome)






CONSEILS POUR LA MEDITATION




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