Analyse - La quatrième homélie traite de la vocation de saint Paul à l'apostolat, de la fidélité avec laquelle il a répondu à sa vocation, des causes du progrès de la foi dans le monde, malgré l'obscurité et la faiblesse de celui qui l'annonçait.
- Elle est terminée par un morceau fort éloquent sur le courage et le succès de l'Apôtre dans la prédication de l'Evangile.
Et que s'est-il passé de notre temps? Le feu jaillissant des fondements du temple de Jérusalem, n'a-t-il pas consumé les constructeurs, et ruiné ainsi une sacrilège entreprise? Cependant ils ne se sont pas convertis; ils n'ont pas renoncé à leur aveuglement. Combien d'autres prodiges après celui-là sans autan profit pour les spectateurs ? Exemple : la foudre tombant sur le toit du temple d'Apollon, l'oracle de ce démon forçant le souverain d'alors à changer le sépulcre du martyr trop rapproché de lui il ne pouvait pas, disait-il, parler quand il voyait cette châsse à ses côtés; la châsse, en effet, était dans le voisinage. Ensuite, l'oncle de cet empereur, pour avoir outragé les vases sacrés, mourut mangé des vers; et le préposé du trésor impérial, pour un autre outrage à l'Eglise, vit son corps crever tout à coup par le milieu et périt misérablement. Les fontaines de nos pays, jusque-là plus abondantes que les fleuves, ont tout à coup refoulé leurs flots en arrière, et pris la fuite, prodige sans exemple avant les sacrifices et les libations du monarque qui en a souillé la contrée. Mais à quoi bon rappeler la famine sévissant partout dans les cités, avec un empereur . impie, la mort de cet empereur dans le pays des Perses, son égarement avant sa mort, son armée laissée au milieu des barbares comme dans les mailles d'un filet, le retour de cette armée, merveilleux, incroyable? Quand ce monarque sacrilège fut tombé d'une manière si misérable, un autre, celui-là un homme pieux, reçut l'empire (347) et aussitôt tous les malheurs cessèrent, et les soldais pris dans ces filets, qui n'espéraient plus le retour, les voilà, avec la permission de Dieu, délivrés de leurs ennemis, opérant leur retour en toute sécurité. Ces prodiges ne suffisent-ils pas pour attirer à la piété? N'en avons-nous pas constamment sous les yeux de plus merveilleux encore? Est-ce que la croix que l'on prêche ne voit pas tous les peuples accourir? N'est-ce pas une mort ignominieuse qu'on annonce et tous volent à la nouvelle? Est-ce que des milliers de malheureux n'ont pas été mis en croix? Est-ce qu'avec le Christ deux brigands n'ont pas été suppliciés? N'est-il pas vrai qu'il y a eu un grand nombre de sages? un grand nombre d'hommes puissants ? cependant quel nom fut jamais si glorieux que :celui de Jésus? et que parlé-je de sages et de puissants? est-ce qu'il n'y a pas eu des empereurs illustres? Qui donc, parmi eux, a conquis la terre en si peu de temps? Ne me parlez pas de la variété, de l'infinie diversité des hérésies : tous publient le même Christ, s'ils n'en parlent pas tous sainement; tous l'adorent, ce Christ de la Palestine, qui a été mis en croix sous Ponce-Pilate. Ce prodige ne vous paraît-il pas une démonstration plus claire même que la voix descendue du ciel? Pourquoi donc ne s'est-il trouvé aucun empereur aussi puissant que l'a été le Christ, et cela, malgré des obstacles sans nombre? car les empereurs lui ont fait la guerre, les tyrans lui ont livré des batailles, tous les peuples se sont soulevés contre lui, et cependant nous n'avons pas été vaincus, au contraire notre gloire est devenue plus éclatante. (Eloge de St Paul / Jean Chrysostome)
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