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TRIPLE TENTATION :


La Sainte Trinité
7. Et, après quarante jours, parce qu'il jeûnait, il eut faim (Matth. 4, 2). Par sa victoire sur l'adversaire, il l'a flétri et l'a condamné aux yeux de tous les hommes ; il nous a aussi appris par ses paroles, à n'avoir faim en ces circonstances que de la seule parole du Seigneur. Pourquoi l'Écriture ne révèle-t-elle nulle part de Moïse et d'Élie qu'ils eurent faim, alors qu'elle le dit de Notre-Seigneur ? C'est pour confondre ceux qui disent qu'il n'a pas assumé une chair, et pour donner à Satan l'occasion de l'approcher et de le tenter par ces paroles : Dis à ces pierres de devenir du pain (Lc 4, 3), chose que le Seigneur ne fit pas, pour ne pas céder à la volonté du pécheur. Si pourtant, pour les porcs, il a accordé à Satan ce qu'il désirait, c'était en vue de faire un signe, parce que personne au pays des Gergéséniens ne voulait venir à lui tant qu'il n'aurait pas entrepris d'y faire un miracle (Cfr Mc 5, 1-20). 8. Et comme Satan n'était pas confondu par l'échec de la première tentation, il l'emmena, le plaça sur le faîte d'un temple (Matth. 4, 5 ; Lc 4, 9). Maintenant encore, cet endroit subsiste, bien que le temple ait été détruit, comme le Seigneur lui-même l'avait dit : Il ne restera pas de lui pierre sur pierre (Matth. 24, 2). La place sur laquelle il s'était tenu debout a été conservée comme un signe. Il lui dit : Jette-toi de haut en bas, car il est écrit qu'ils te garderont, afin que jamais ton pied ne se heurte à la pierre (Lc 4, 9-11 ; Ps. 91, 11-12). O tentateur, si le psaume s'applique au Christ, n'est-il pas aussi écrit : Il te prendra sur son dos (Ps. 91, 12) ? Il est impossible aux oiseaux de tomber, parce que l'air est comme la terre ferme sous leurs ailes. Et n'est-il pas écrit encore : Tu marcheras sur le serpent et l'aspic (Ps. 91, 13) ? Mais Satan n'a retenu de l'Écriture que ce qui lui était utile, et il a omis ce qui lui était désavantageux. Ainsi font les hérétiques ; ils prennent dans l'Écriture ce qui sert leur scandaleuse doctrine, et ils omettent ce qui la réfute ; ils montrent bien par là qu'ils sont les disciples de ce maître.

9. Il le prit de nouveau, le conduisit, l'entraîna sur une très haute montagne et il lui dit : Tous ces royaumes sont miens (Matth. 4, 8-9 ; Lc 4, 5-6). De ceci certains concluent stupidement que Satan a un domaine. Mais, comme je l'ai dit, ils omettent le mot qui leur est désavantageux pour en prendre un autre. Les mots : " sont miens ", dont ils tirent argument, loin d'attribuer à Satan un domaine, sont plutôt la condamnation de leur opinion. Car les mots qui suivent : Cela m'a été donné (Lc 4, 6), supposent qu'autre est le créateur de ces choses et autre celui à qui elles ont été données. Satan dit encore : J'ai pouvoir sur tout cela (Lc 4, 6). Ce pouvoir, il ne le tient pas de sa nature ; il ne l'a que parce que les hommes le veulent bien. Car l'apôtre dit : Vous êtes les serviteurs de celui au service duquel vous vous soumettez (Rom. 6, 16).

10. Satan a dit aussi : Tu tomberas face contre terre, et tu m'adoreras humblement (Matth. 4, 9 ; Lc 4, 7) ; ainsi éclate l'arrogant orgueil de celui qui, dès le début, a voulu devenir Dieu. La chair de Notre-Seigneur avertit tous ceux qui sont revêtus de chair que, si quelqu'un descend nu au combat, il sera vaincu ; le Seigneur revêtit les armes du jeûne avant de descendre au combat. On a donc besoin d'armes solides contre celui qui envoie les flèches brûlantes et adroites. Dis à ces pierres de devenir pain. Il envoya une flèche comme stimulant à l'assouvissement, afin de tourmenter le Seigneur dans cette faim qu'il ressentait et pour qu'il entrât en tentation. Mais le Seigneur ne voulut pas être dominé par sa faim, parce que sa faim elle-même avait revêtu le jeûne comme une cuirasse. La faim riposta et elle renvoya vers le tentateur les flèches de son assouvissement, pour apprendre à celui qui enseignait l'assouvissement corporel, qu'il y a aussi un assouvissement spirituel, qui n'apparaît pas : L'[homme ne vit pas du seul pain, mais aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Matth. 4, 4 ; Deut. 8, 3) ; celui qui était venu pour tenter, fut donc lui-même tenté et réprimandé par le moyen qu'il avait pris pour proposer : Si tue es le Fils de Dieu, dis à ces pierres de devenir aussitôt pain ; la bouche de Satan jugeait que celui qui vient de Dieu peut faire du pain avec ces pierres.

('Commentaire sur le Diatessaron' / St Ephrem)







CONSEILS POUR LA MEDITATION




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