| 10. Attaque-moi plutôt le silence prescrit par Pythagore, les fèves orphiques et cette nouvelle arrogance qu'ils met-tent dans la formule: "Le maître l'a dit." Attaque les Idées de Platon, les passages et les voyages de nos âmes dans différents corps, la réminiscence et les vilaines amours que les beaux corps font naître dans les âmes. Attaque chez Épicure l'athéisme, les atomes et le plaisir indigne d'un philosophes; chez Aristote, la Providence si mesquine, la subtilité, l'affirmation que l'âme est mortelle et les dogmes qui sont à la portée des humains; chez les philosophes du Portique, la gravité hautaine; chez les cyniques, l'avidité et le vagabondage. Attaque le vide et le plein, et tous les radotages qu'ils débitent sur les sacrifices, les idoles, les génies bienfaisants et malfaisants, la divination, l'évocation des dieux et des morts, la puissance des astres.
Si tu refuses de t'occuper de ces questions parce qu'elles ont peu d'importance ou qu'on en a souvent parlé; si tu te retournes vers toi-même et cherches à t'illustrer de ce côté, là encore je te montrerai de larges voie. Étudie donc le monde ou les mondes, la matière, l'âme, les êtres raisonnables bons et mauvais, la résurrection, le jugement, la rétribution, les souffrance du Christ. Dans ce domaine, si tu réussis, ce sera une œuvre utile; et si tu échoues, cela ne présente pas de dangers. D'ailleurs, notre but est d'atteindre Dieu, maintenant d'une manière partielle, mais un peu plus tard peut-être d'une manière plus complète, dans le Christ Jésus lui-même, notre Seigneur à qui est la gloire pour les siècles. Amen. ('Cinq discours sur Dieu' / St Grégoire de Nazianze)
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