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PREMIER DEGRÉ
(Considération de l'homme)


La Sainte Trinité
5. Par la fin extrinsèque d'une chose, on entend la fin pour laquelle cette chose a été faite. Un palais est fait pour celui qui doit l'habiter; l'arbre croît pour son maître, et la fin de l'homme est Dieu, qui est son unique souverain:, car c'est lui qui a créé l'homme, il l'a formé de son propre fonds, et il l'a créé pour lui; c'est lui qui le conserve, qui pourvoit à ses besoins, et qui le récompense. C'est donc avec raison qu'il lui fait ce précepte: Fous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui. (Deut. 6. Math. 4): Mais réveillez ici votre attention, O mon âme; les autres choses, qui ont été créées pour l'homme, lui sont utiles, et non à elles-mêmes: le boeuf laboure pour l'homme et non pour lui; les champs, les vignes, les jardins ne remplissent ni leur cave, ni leur grenier, ni leur bourse , mais celle de l'homme; enfin le travail, les sueurs et la fatigue sont le partage des esclaves, et les profits, le repos et les jouissances sont pour le maître. Mais le Seigneur votre Dieu, qui n'a besoin de rien, en exigeant que l'homme le serve, renonce au profit et fait rejaillir sur celui qui le sert l'utilité, le gain et la récompense.

O Seigneur, qui êtes suave, doux et rempli de miséricorde (Ps. 85.), quel est l'homme qui ne vous servira pas de tout son coeur, si peu qu'il ait commencé de goûter la douceur de votre domination paternelle? Qu'ordonnez-vous, Seigneur, à ceux qui vous servent ?vous leur dites : Chargez-vous de mon joug (Math. 11.) ; et qu'est-ce que votre joug? C'est, leur répondez-vous, un joug suave, et un fardeau léger. Qui ne se chargera volontiers d'un joug qui soulage au lieu de gêner, et d'un fardeau qui délasse au lieu de charger ? vous avez donc ajouté avec raison qu'en vous servant nous trouvons le repos de nos âmes (Math. 22.); et ce qui constitue votre joug ne fatigue point, mais nous procure le repos ; c'est le premier et le plus grand de vos commandements: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur (Math. 22.). Qu'y a-t-il en effet de plus facile, de plus suave, de plus doux, que d'aimer la bonté, la beauté, et l'amour qui constituent votre essence? ô Seigneur mon Dieu ! votre serviteur David avait bien raison de dire que vos commandements sont plus aimables que l'or et que toutes les pierres précieuses; qu'ils sont plus doux que le miel, que le rayon de miel le plus excellent, et d'ajouter, que ceux qui les gardent y trouveront une grande récompense (Ps. 18. 11. 12.). Qu'entends je, ô mon Dieu! vous promettez une récompense à ceux qui garderont des commandements plus aimables que l'or, et plus doux que le miel! oui, vous leur promettez, c'est votre apôtre St. Jacques qui nous l'assure (Jacq. 1. 12.) une récompense,et des plus magnifiques, qui est la couronne de vie que vous avez promise à ceux qui vous aiment. Et que faut-il entendre par cette couronne de vie ? C'est, comme l'enseigne St. Paul d'après Isaïe (1 Cor. 2. 9. Isai. 64.) le plus grand bien que nous puissions penser ou désirer. Car, nous dit-il, l'oeil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le coeur de l'homme n'a jamais connu ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. C'est vraiment, ô mon Dieu ! une grande récompense que celle qui est attachée à l'observation de vos commandements. Non seulement il est utile à l'homme qui obéit et nullement à Dieu qui commande, d'observer ce premier commandement, qui est le plus. grand de tous, mais encore les autres, destinés à perfectionner l'homme, à l'orner, à l'instruire, à l'illustrer, à le rendre bon et heureux. Soyez donc assez sage pour comprendre que Dieu vous a créée pour un bonheur éternel, que c'est là votre fin, votre centre, le trésor de votre cœur. En parvenant à cette fin vous serez heureuse , et malheureuse si vous vous en écartez. Regardez donc comme vraiment avantageux pour vous, tout ce qui conduit à cette fin; et comme vraiment pernicieux tout ce qui vous en éloigne. Le sage doit rester indifférent pour la prospérité et l'adversité, pour les richesses et la pauvreté, pour la santé et la maladie, pour les honneurs et l'ignominie, pour la vie' et pour la mort, considérées en elles-mêmes; mais si ces choses contribuent à la gloire de Dieu et à la félicité éternelle, elles sont bonnes et désirables; comme elles son t un mal qu'il faut fuir dès qu'elles sont un obstacle au salut.   (L'échelle du ciel / St Robert Bellarmin)





CONSEILS POUR LA MEDITATION




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