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"JE M'APPELERAI THERESE DE L'ENFANT JESUS" :


La Sainte Trinité
Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j'étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d'or avec une expression de grande tristesse et lui dit d'écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu'elle guérisse sa pauvre petite fille. Ah ! que je fus touchée en voyant la Foi et l'Amour de mon Roi chéri J'aurais voulu pouvoir lui dire que j'étais guérie mais je lui avais déjà fait assez de fausses joies, ce n'était pas mes désirs qui pouvaient faire un miracle, car il en fallait un pour me guérir... il fallait un miracle et ce fut Notre-Dame des Victoires qui le fit. Un Dimanche (NHA 312) (pendant la neuvaine de messes), Marie sortit dans le jardin me laissant avec Léonie qui lisait auprès de ma fenêtre, au bout de quelques minutes je me mis à appeler presque tout bas : " Mama... Mama. " Léonie étant habituée à m'entendre toujours appeler ainsi, ne fit pas attention à moi. Ceci dura longtemps, alors j'appelai plus fort et enfin Marie revint, je la vis parfaitement entrer, mais je ne pouvais dire que je la reconnaissais et je continuais d'appeler toujours plus fort : " Mama... ". Je souffrais beaucoup de cette lutte forcée et inexplicable et Marie en souffrait peut-être encore plus que moi ; après de vains efforts pour me montrer qu'elle était auprès de moi, (NHA 313) elle se mit à genoux auprès de mon lit avec Léonie et Céline puis se tournant vers la Sainte Vierge et la priant avec la ferveur d'une Mère qui demande la vie de son enfant, Marie obtint ce qu'elle désirait... Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s'était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son coeur d'avoir enfin pitié d'elle... Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n'avais vu rien de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu'au fond de l'âme ce fut le " ravissant sourire de la Sainte Vierge. " Alors toutes mes peines s'évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c'était des larmes d'une joie sans mélange... Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m'a souri, que je suis heureuse... Mais jamais je ne le dirai à personne, car alors mon bonheur disparaîtrait. Sans aucun effort je baissai les yeux, et je vis Marie qui me regardait avec amour ; elle semblait émue et paraissait se douter de la faveur que la Sainte Vierge m'avait accordée... Ah ! c'était bien à elle, à ses prières touchantes que je devais la grâce du sourire de la Reine des Cieux. En voyant mon regard fixé sur la Sainte Vierge, elle s'était dit : " Thérèse est guérie ! " Oui, la petite fleur allait renaître à la vie, le Rayon lumineux qui l'avait réchauffée ne devait pas arrêter ses bienfaits ; il n'agit pas tout d'un coup, mais doucement, suavement, il releva sa fleur et la fortifia de telle sorte que cinq ans après elle s'épanouissait sur la montagne fertile du Carmel. Comme je l'ai dit, Marie avait deviné que la Sainte Vierge m'avait accordé quelque grâce cachée, aussi lorsque je fus seule avec elle, me demandant ce que j'avais vu, je ne pus résister à ses questions si tendres et si pressantes ; étonnée de voir mon secret découvert sans que je l'aie révélé, je le confiai tout entier à ma chère Marie... Hélas ! comme je l'avais senti, mon bonheur allait disparaître et se changer en amertume ; pendant quatre ans le souvenir de la grâce ineffable que j'avais reçue fut pour moi une vraie peine d'âme, je ne devais retrouver mon bonheur qu'aux pieds de Notre-Dame des Victoires, (NHA 314) mais alors il me fut rendu dans toute sa plénitude... je reparlerai plus tard de cette seconde grâce de la Sainte Vierge. Maintenant il me faut vous dire, ma Mère chérie, comment ma joie se changea en tristesse. Marie après avoir entendu le récit naïf et sincère de " ma grâce " me demanda la permission de la dire au Carmel, je ne pouvais dire non... A ma première visite à ce Carmel chéri, je fus remplie de joie en voyant ma Pauline avec l'habit de la Sainte Vierge ce fut un moment bien doux pour nous deux... Il y avait tant de choses à se dire que je ne pouvais rien dire du tout, mon cour était trop plein... La bonne Mère Marie de Gonzague était là aussi, me donnant mille marques d'affection ; je vis encore d'autres soeurs et devant elles, on me questionna sur la grâce que j'avais reçue, me demandant si la Sainte Vierge portait le petit Jésus, ou bien s'il y avait beaucoup de lumière, etc. Toutes ces questions me troublèrent et me firent de la peine, je ne pouvais dire qu'une chose : " La Sainte Vierge m'avait semblé très belle... et je l'avais vue me sourire. " C'était sa figure seule qui m'avait frappée, aussi voyant que les carmélites s'imaginaient tout autre chose (mes peines d'âme commençant déjà au sujet de ma maladie), je me figurai avoir menti... Sans doute, si j'avais gardé mon secret, j'aurais aussi gardé mon bonheur, mais la Sainte Vierge a permis ce tourment pour le bien de mon âme peut-être aurais-je eu sans lui quelque pensée de vanité, au lieu que l'humiliation devenant mon partage, je ne pouvais me regarder sans un sentiment de profonde horreur... Ah ! ce que j'ai souffert, je ne pourrai le dire qu'au Ciel... En parlant de visite aux carmélites je me souviens de la première, qui eut lieu peu de temps après l'entrée de Pauline, j'ai oublié d'en parler plus haut mais il est un détail que je ne dois pas omettre. Le matin du jour où je devais aller au parloir, réfléchissant toute seule dans mon lit (car c'était là que je faisais mes plus profondes oraisons et contrairement à l'épouse des cantiques j'y trouvais toujours mon Bien-Aimé), (Ct 3,1-4) je me demandai quel nom j'aurais au Carmel ; je savais qu'il y avait une Soeur Thérèse de Jésus, cependant mon beau nom de Thérèse ne pouvait pas m'être enlevé. Tout à coup je pensai au Petit Jésus que j'aimais tant et je me dis : " Oh ! que je serais heureuse de m'appeler Thérèse de l'Enfant Jésus ! " Je ne dis rien au parloir du rêve que j'avais fait tout éveillée, mais la bonne Mère Marie de Gonzague demandant aux Soeurs quel nom il faudrait me donner, il lui vint à la pensée de m'appeler du nom que j'avais rêvé... Ma joie fut grande et cette heureuse rencontre de pensées me sembla une délicatesse de mon Bien-Aimé Petit Jésus. J'ai oublié encore quelques petits détails de mon enfance avant votre entrée au Carmel ; je ne vous ai pas parlé de mon amour pour les images et la lecture... Et cependant, ma Mère chérie, je dois aux belles images que vous me montriez comme récompense, une des plus douces joies et des plus fortes impressions qui m'aient excitée à la pratique de la vertu... j'oubliais les heures en les regardant, par exemple : La petite fleur du Divin Prisonnier me disait tant de choses que j'en étais plongée ! (NHA 401) Voyant que le nom de Pauline était écrit au bas de la petite fleur, j'aurais voulu que celui de Thérèse y fût aussi et je m'offrais à Jésus pour être sa petite fleur...
(L'histoire d'une âme / Sainte Thérèse de Lisieux)





CONSEILS POUR LA MEDITATION




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