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AIMER LE SEIGNEUR :


La Sainte Trinité
QUESTION 2: De la charité envers Dieu. L'homme a naturellement en lui la disposition et la force d'accomplir les commandements du Seigneur.

Parlez-nous d'abord de l'amour de Dieu. Il est entendu qu'il faut aimer Dieu, mais comment faut-il l'aimer ? Voilà ce que nous voudrions apprendre. REPONSE. - Si l'affection des enfants pour les parents est un sentiment naturel qui se manifeste dans l'instinct des animaux et dans la disposition des hommes à aimer leur mère dès leur jeune âge, ne soyons pas moins intelligents que des enfants, ni plus stupides que des bêtes sauvages : ne restons pas devant Dieu qui nous a créés, comme des étrangers sans amour. N'aurions-nous pas appris par sa bonté même ce qu'il est, nous devrions encore, pour le seul motif que nous avons été créés par lui, l'aimer par dessus tout, et rester attachés à son souvenir comme des enfants à celui de leur mère.
De fait, parmi ceux que l'on aime naturellement, les bienfaiteurs sont au premier rang, et cette affection pour ceux qui nous ont fait du bien n'est pas un sentiment propre à l'homme seulement, mais commun à la plupart des animaux : "Le bœuf, dit l'Ecriture, connaît son possesseur, et l'âne la mangeoire de son maître." (Is 1, 3) A Dieu ne plaise donc qu'il puisse être dit de nous : "Israël ne m'a pas reconnu, et mon peuple ne m'a point compris !" (Is 1, 3) Faut-il dire quelle reconnaissance le chien et d'autres animaux montrent à ceux qui les nourrissent ?
Si l'affection et l'amitié naissent spontanément en nous pour ceux qui nous font du bien, et si nous faisons tout pour rendre le bienfait reçu, quel langage pourrait exprimer dignement l'importance des bienfait de Dieu ?
Ils sont si abondants que leur nombre échappe, si grands et de telle nature qu'un seul suffit pour nous rendre débiteurs de toute notre reconnaissance à Celui dont nous l'avons reçu !
Je tairai tous ceux qui rivalisent, il est vrai, d'importance et de dignité, mais sont cependant surpassés par de plus grands, comme les astres par les rayons du soleil, et perdent ainsi de leur éclat ; car il ne faut pas mesurer la bonté du bienfaiteur à ses moindre faveurs et laisser de côté les plus grandes.
Silence donc sur les levers du soleil, les phases de la lune, les alternances des saisons, la succession des heures.
Ne disons rien des eaux du ciel, des sources jaillissantes, de la mer elle-même et de la terre entière.
Ne parlons pas de tout ce qui naît sur le sol, de tout ce qui vit dans les eaux, de tout ce qui vole dans les airs, des animaux sans nombre, de tout ce qui sert à notre vie. Voici le bienfait dont il est impossible de ne pas tenir compte, même malgré soi, celui qu'absolument l'on ne peut taire, si l'on est doué d'intelligence et de saine raison, et dont personne cependant n'est capable de parler dignement : Dieu avait créé l'homme à son image et à sa ressemblance, il l'avait jugé digne de le connaître lui-même, mis par le don d'intelligence au-dessus de tous les animaux, établi dans la jouissance des incomparables délices du paradis, et enfin constitué maître de tout ce qui se trouvait sur la terre ; cependant, lorsqu'il le vit, circonvenu par le serpent, tomber dans le péché, et, par le péché dans la mort et les souffrances qui y conduisent, il ne le rejeta pas. Au contraire, il lui donna d'abord le secours de sa loi ; il désigna des anges pour le garder et prendre soin de lui, il envoya des prophètes pour lui reprocher sa méchanceté et lui enseigner la vertu ; il brisa par les menaces ses tendances au mal, et excita par des promesses ses dispositions pour le bien, montrant continuellement par des exemples salutaires l'aboutissement de l'une et de l'autre.
Lorsque, malgré ces grâces et bien d'autres encore, les hommes persistèrent dans la désobéissance, il ne se détourna pas d'eux.
Après avoir offensé notre bienfaiteur par notre indifférence devant les marques de sa bienveillance, nous ne fûmes cependant pas abandonnés par la bonté du Seigneur ni retranchés de son amour, mais nous avons été tirés de la mort et rendus à la vie par Notre Seigneur Jésus-Christ, et la manière dont nous avons été sauvés est digne d'une admiration plus grande encore!"Bien qu'il fut Dieu, il n'estima pas devoir garder jalousement son égalité avec Dieu, mais il s'abaissa lui-même jusqu'à prendre la forme de l'esclave." (Ph 2, 6-7)
Il a pris nos faiblesses, il a porté nos souffrances, il a été meurtri pour nous afin de nous sauver par ses blessures (Is 53, 4),il nous a rachetés de la malédiction en se faisant malédiction pour nous(Ga 3, 13) ; il a souffert la mort la plus infamante pour nous conduire à la vie de la gloire. Et il ne lui a pas suffi de rendre à la vie ceux qui étaient dans la mort, il les a revêtus de la dignité divine et leur a préparé dans l'éternel repos une félicité qui dépasse toute imagination humaine. Que rendrons-nous donc au Seigneur pour tout ce qu'il nous a donné ? (Ps 115, 12)
Il est si bon qu'il ne demande rien en compensation de ses bienfaits : il se contente d'être aimé !
Pour moi, je dirai mon impression : lorsque je repasse tout cela dans ma mémoire, je suis saisi d'une anxiété terrible, dans la crainte que, par suite de mon insouciance et à force de m'occuper de vanités, je ne trahisse l'amour de Dieu et ne devienne pour le Christ un sujet de honte.
Celui qui, à présent, cherche à nous tromper, et met toute son industrie à nous faire oublier notre bienfaiteur devant les appâts du monde, insultera un jour, en effet, à notre perte. Nous foulant aux pieds il présentera au Seigneur notre dédain comme une injure, et il se glorifiera devant lui de notre désobéissance et de notre apostasie, lui qui, cependant, ne nous a pas créés et n'est pas non plus mort pour nous, mais nous a, au contraire, entraînés avec lui dans l'insoumission et le mépris des commandements de Dieu. Cette humiliation infligée au Seigneur et cette gloire remportée par son adversaire : voilà ce qui me paraîtra le plus dur des châtiments de l'enfer ! Car c'est devenir pour l'ennemi du Christ un sujet d'orgueil et un motif d'élévation, en face de Celui qui est mort et ressuscité pour nous, à qui donc, selon l'Ecriture, nous sommes tellement redevables... !
Cela suffira au sujet de l'amour de Dieu. Comme je l'ai dit, mon but n'était pas de faire un exposé complet, ce serait impossible, mais de livrer brièvement aux âmes un résumé des motifs qui doivent nous porter sans cesse à aimer Dieu.

(Règles monastiques / Saint Basile le Grand)






CONSEILS POUR LA MEDITATION




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