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LA NOURRITURE :


La Sainte Trinité
Des moines qui avaient mangé hors du monastère.
1. Sur ces entrefaites, l'homme de Dieu commença à montrer la puissance de son esprit prophétique, à prédire l'avenir et à révéler aux personnes présentes des choses relatives à ceux qui étaient absents.
Par exemple, la coutume voulait que, chaque fois que les frères avaient à sortir pour répondre à une mission quelconque, ils ne pouvaient en aucune façon prendre nourriture ou boisson hors du Prieuré, et ce point de la règle était observé scrupuleusement. Or, il advint un certain jour que des frères sortirent pour répondre à une obédience ; sur quoi ils furent contraints de prolonger leur absence jusqu'à une heure plus tardive que prévue ? Comme ils savaient qu'une femme dévote habitait dans les environs, ils entrèrent dans son logis et ils y prirent leur nourriture.
2. Il était déjà fort tard lorsqu'ils revinrent au Prieuré et ils demandèrent la bénédiction du Père comme de coutume. Celui-ci leur posa directement la question : "Où avez-vous mangé ?" Eux de répondre : "Nulle part !" Et lui de leur dire : "Pourquoi mentez-vous ainsi ? Est-ce que vous n'êtes pas entrés au domicile de telle femme ? Est-ce que vous n'avez pas accepté telle et telle nourriture ? Est-ce que vous n'avez pas bu tant de verres?" Voyant donc que le vénérable Père leur avait (tout) dévoilé : et la visite chez cette femme, et le détail des aliments consommés et la quantité de ce qu'ils avaient bu, ils avouèrent tout ce qu'ils avaient fait et tombèrent à ses pieds, épouvantés, en reconnaissant qu'ils avaient fauté. Mais lui, sans autre forme de procès, leur pardonna tout car, réflexion faite, il se disait qu'ils ne recommenceraient jamais, sachant que, même absent, il restait présent en esprit.
Un pieux laïc se laisse aller à manger en route.
1. Encore ceci : Le moine Valentinien dont j'ai parlé plus haut, avait un frère qui était laïc mais religieux de cœur, lequel, pour recevoir la prière de bénédiction du serviteur de Dieu et pour voir son frère, avait l'habitude de venir tous les ans de chez lui au Prieuré en restant à jeun. Or, un beau jour qu'il faisait route vers le monastère, un autre marcheur qui avait des provisions de route se joignit à lui. Comme l'heure avançait et qu'il était déjà assez tard, l'autre lui dit : "Viens, frère, prenons quelque nourriture afin de ne pas tomber de fatigue sur la route." Il lui répondit : "Loin de moi, frère ! Je ne le peux pas car j'ai pris l'habitude d'arriver toujours à jeun chez le vénérable Père Benoît." A ces mots, son compagnon de route se tut pendant un certain temps.
2. Mais ensuite, comme ils avaient encore fait un bout de chemin, il l'invita de nouveau à manger : Il ne le voulut pas puisqu'il avait résolu de venir à jeun. Alors celui qui l'avait invité à manger se tut à nouveau et il consentit à marcher encore un peu avec lui en restant à jeun. Mais comme la route s'allongeait et que l'heure, plus tardive aussi, fatiguait nos marcheurs, ils découvrirent le long de la route, un pré, une source et tout ce qui pouvait leur paraître le plus agréable pour se refaire le corps. Son compagnon lui dit alors : "Voilà de l'eau, voilà un champ ! Quel bon coin pour se restaurer et se reposer un peu afin d'arriver au bout de notre route en pleine forme !" Ces paroles lui chatouillaient agréablement l'oreille et l'endroit avait le don de plaire à ses yeux ; alors, désarmé par cette troisième invitation, il donna son accord et il mangea.
3. C'est donc à une heure "vespérale" qu'il parvint au Prieuré, et ayant été présenté au Vénérable Père Benoît, il lui demanda une prière de bénédiction. Mais aussitôt, le saint homme lui reprocha ce qu'il avait fait en chemin : "Quoi donc, frère, lui dit-il, l'ennemi malin qui s'exprimait par la bouche de ton compagnon de route n'a pas pu te persuader une première fois, ni une seconde, mais il t'a convaincu au bout de la troisième et il t'a dominé en t'amenant à faire ce qu'il voulait. Alors celui-ci, reconnaissant la faiblesse coupable de son esprit, se jeta à ses pieds, se mettant à pleurer et à rougir de sa faute, et cela d'autant plus qu'il se rendait bien compte que, même en l'absence du Père Benoît, c'est vraiment sous ses yeux qu'il avait fauté.
4. Pierre : Je vois, moi, que le cœur de ce saint homme était habité par l'esprit d'Elisée, lui qui fut présent à son disciple absent. Grégoire : Allons, Pierre, un instant de silence, s'il te plaît, si tu veux apprendre des choses plus grandes encore.   (Dialogues / St Grégoire le Grand)





CONSEILS POUR LA MEDITATION




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