JESUS VRAI HOMME, NE D'UNE FEMME :
Comment donc le Verbe n'aurait-Il revêtu que la forme apparente de l'humanité, puisqu'Il en a revêtu aussi la nature et l'essence, et qu'Il est né au temps marqué pour l'enfantement ? Comment Celui qui présente tous les caractères de la créature naissante a-t-Il pu sortir du sein de Marie, avec les apparences de l'humanité, sans que Marie ait éprouvé le travail et la douleur de l'enfantement ? Elle n'a point souffert, quoique femme ; elle n'a point éprouvé les douleurs de l'enfantement, quoique vierge. Elle n'était pas non plus étrangère au fruit de ses entrailles, car c'était sa substance virginale qui le nourrissait, et par là, il y avait communication et parenté entre elle et Lui ; et elle est devenue mère d'un Fils dont la nature était étrangère à la sienne, parce que c'est dans son sein que le Verbe s'est fait chair. Le Christ a pris son accroissement dans les entrailles de Marie, bien qu'en qualité de Dieu, Il n'eût besoin d'aucun secours ; et Il eut une femme pour mère, bien qu'Il fût Fils de Dieu. Il a reconnu Marie pour sa mère, car c'est par elle que la divinité a revêtu l'humanité. Il était Fils de celle qui avait coopéré à son Incarnation, non seulement parce qu'elle a prouvé son acquiescement et son désir par l'ardeur de sa foi, mais encore parce que sa substance virginale avait servi à former le corps du Sauveur.
Si le Verbe avait revêtu seulement la forme apparente de l'humanité, qu'eût-Il eu besoin du secours de la nature humaine ? S'Il était venu sous une forme mensongère, qu'eût-Il eu besoin de la femme ? Et si le sein de Marie n'a été pour Lui que la voie mystérieuse par laquelle Il est venu dans le monde, pourquoi Lui a-t-il fallu attendre, pour faire son apparition, l'époque marquée pour l'enfantement ? Si pour naître Il n'avait fait que descendre des cieux et venir habiter le sein d'une vierge, pourquoi ne S'est-Il pas montré directement du ciel à la terre ? Pourquoi est-Il resté dans le sein de Marie comme dans un lieu nécessaire, s'Il pouvait se montrer aux hommes sans le secours de la nature humaine ? S'Il n'a pas revêtu l'humanité, pourquoi du haut des cieux ne S'est-Il pas montré et fait connaître aux hommes ? S'Il avait tout ce qui était nécessaire à sa Venue, pourquoi empruntait-Il le secours d'une vierge ? Les actes de Dieu ne peuvent être ni vains ni trompeurs ; la coopération de Marie serait donc vaine, si le Christ n'était venu que sous les apparences de l'humanité, et Dieu aurait trompé les hommes en leur montrant couché dans une crèche un enfant nouveau-né. Ces propositions sont rigoureusement enchaînées, mes raisonnements sont donc vrais. Je sais que le Christ est la vérité même ; et dans la formation de la perle, je vois le Dieu qui S'est fait homme.
(Discours sur l'enfantement de la Vierge Marie / St Ephrem)
|
|