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AU COMMENCEMENT ÉTAIT LE VERBE. (VERSET 1.) :


La Sainte Trinité
Analyse
1. Saint Jean était pauvre et. sans lettres.
2. Combien néanmoins l'apôtre de Jésus-Christ l'emporte sur les plus fameux philosophes. - Les peuples barbares, en embrassant le Christianisme, ont appris à philosopher.
3. Contre les doctrines des philosophes et en particulier contre la métempsycose.
4. Pourquoi saint Jean a parlé du Fi!s sans parler du Père. - Quelle est la vraie philosophie ?
5. L'esprit ne peut tout à la fois s'appliquer à plusieurs choses. - Avec quelle attention on doit lire l'Evangile de saint Jean.
Gardez-vous donc, mes très-chers frères, de penser dans l'Eglise à vos affaires domestiques, mais plutôt quand vous serez chez vous, entretenez-vous de ce qu'on vous apprend ici. Ces choses doivent vous être plus précieuses que toutes les autres : celles-ci regardent l'âme , celles-là le corps, ou plutôt ce qu'on vous enseigne ici sert au corps et à l'âme. Voilà pourquoi vous devez vous attacher aux unes comme étant les plus importantes et les plus nécessaires, et faire les autres par manière d'acquit : car celles-là sont utiles et pour la vie future et pour la vie présente, mais celles-ci ne servent ni à l'une ni à l'autre, si l'on ne se conforme à ce que prescrit la loi. En effet , nous devons apprendre ici, non-seulement quelle sera notre vie dans l'autre monde, mais encore comment nous devons nous conduire en celle-ci.
Cette maison est un laboratoire spirituel, où l'on prépare les médicaments, afin que nous y trouvions de quoi guérir les plaies que notas fait le monde : n'y venons donc pas nous en faire de nouvelles, pour en sortir ensuite en plus mauvais état que nous n'y étions entrés. Si nous ne sommes attentifs à la voix de l'Esprit-Saint qui nous parle, non-seulement nous ne laverons pas nos premiers péchés, mais encore nous nous souillerons de taches nouvelles. Soyons donc soigneusement attentifs à la lecture et à l'explication du Livre saint. Nous n'aurons pas dans la suite beaucoup de peine à l'entendre, si une fois nous en avons bien compris les principes et les buses : et si nous nous sommes donné un peu de peine au commencement, nous serons ensuite en état d'instruire les autres, comme saint Paul nous y exhorte. L'Evangile de l'apôtre saint Jean est très-élevé et très-sublime, et les dogmes surtout y abondent. Ne l'écoutons point négligemment, je vous en prie, mes chers frères : je vous l'expliquerai peu à peu , afin qu'il vous soit plus facile de tout entendre et de ne rien oublier.
Nous devons craindre que la sentence que prononce Jésus-Christ, quand il dit : " Si je n'étais point venu, et que je ne leur eusse point parlé , ils n'auraient point le péché qu'ils ont (Jean, XV, 22) ", ne soit prononcée contre nous-mêmes. Quel avantage aurons-nous sur ceux qui n'ont rien entendu, si nous sortons du sermon sans en rien rapporter avec nous, et si nous nous sommes contentés d'admirer la beauté des paroles? Faites donc en sorte que nous jetions la semence dans une bonne terre ; faites-le si vous voulez nous encourager toujours davantage : et si quelqu'un a des épines, qu'il les consume par le feu du Saint-Esprit; s'il a un coeur dur et obstiné, que par le même feu il l'amollisse, et le rende docile ; s'il est attaqué dans le chemin d'une foule de pensées, qu'il se retire dans le secret de son coeur et qu'il n'écoute point ces ennemis, qui n'y voudraient entrer que pour voler de cette sorte nous aurons la consolation de vous voir faire de riches et d'abondantes moissons. Si nous veillons ainsi sur nous, et si nous écoutons la parole de Dieu avec soin, nous nous débarrasserons de tous les intérêts séculiers, sinon sur-le-champ, du moins peu à peu. Faisons donc en sorte qu'on ne dise pas de nous : " Leurs oreilles sont semblables à celles de l'aspic qui est sourd ". (Ps. LVII, 4.)
Un auditeur sourd, dites-le-moi, en quoi diffère-t-il de la bête? Comment! celui qui n'écoute pas Dieu, lorsqu'il lui parle, n'est-il pas plus irraisonnable que tout ce qu'il y a de plus irraisonnable? Si plaire à Dieu, c'est là le tout de l'homme, qu'on n'appelle point autrement que bête celui qui ne veut pas apprendre ce qui lui procurerait ce bonheur. (Eccl. XII, 13.) Considérons donc quel mal nous commettons, lorsque Jésus-Christ voulant rendre les Hommes semblables aux anges, nous, d'hommes que nous sommes, nous nous changeons en bêtes : car se rendre esclave de la sensualité, [112] avoir de la passion pour les richesses, être colère , mordre et regimber, ce n'est pas d'un homme, mais d'une bête : or, chaque bête, pour ainsi dire , a les passions de son espèce mais l'homme qui a éteint en lui-même la lumière de la raison , et abandonné la manière de vivre que Dieu lui a prescrite, tombe sous le joug de toutes les passions : ce n'est plus une bête , c'est un monstre informe et bizarre qui n'a pas même l'excuse de la nature; car toute sa méchanceté vient de son libre arbitre et de sa volonté.
Mais à Dieu ne plaise que nous concevions jamais une telle idée de l'Eglise de Jésus Christ ! nous avons une meilleure opinion de vous, et de votre salut (Héb. VI, 9), mes très chers frères, mais plus elle est grande et forte chez nous, cette bonne opinion, moins aussi cesserons-nous de vous mettre en garde par nos discours, afin qu'après que vous serez parvenus au comble des plus éminentes vertus, vous acquériez l'héritage qui nous est promis. Puissions-nous tous en être gratifiés, par la grâce et la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui et avec qui la gloire soit au Père et au Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles ! Ainsi soit-il.   ('Commentaire sur Saint Jean' / St Jean Chrysostome)





CONSEILS POUR LA MEDITATION




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