LE CADEAU DISSIMULE / |
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| Le cadeau dissimulé 1. Il y avait encore, non loin du monastère, un bourg dans lequel une quantité non négligeable d'hommes avait été convertie par les admonitions de Benoît, passant du culte des idoles à la foi en Dieu. Là aussi résidaient quelques saintes femmes moniales et pour stimuler leurs âmes, le serviteur de Dieu Benoît avait soin d'y envoyer fréquemment ses frères. Or un jour, comme de coutume, il en envoya un, mais le moine qui avait été dépêché, après avoir fait l'exhortation, fut prié par ces moniales d'accepter des mouchoirs : il les prit et les cacha dans sa poitrine. 2. A peine était-il revenu, que l'homme de Dieu, très amer, se mit à lui faire des reproches en disant : "Comment l'iniquité est-elle entrée dans ton sein ?" Mais l'autre demeurait interloqué, et ayant oublié ce qu'il avait, il se demandait pourquoi on le reprenait. Alors, il lui dit : "Est-ce que je n'étais pas présent, moi, lorsque tu as accepté des mouchoirs donnés par les servantes de Dieu et que tu les as mis dans ton sein ?" L'autre aussitôt, se jetant à ses pieds, se repentit d'avoir agi avec sottise. Quant à ces mouchoirs qu'il avait cachés sur lui, il les jeta. Benoît lit des pensées d'orgueil dans le cœur d'un religieux. 1. Un certain jour, alors que l'heure était déjà vespérale, le vénérable Père prenait des aliments pour le corps : Il y avait là un de ses moines qui avait été auparavant fils d'un "Protecteur" et qui lui tenait la lampe devant la table. Mais comme l'homme de Dieu mangeait et que l'autre restait là debout accomplissant son service, il se mit à rouler silencieusement des pensées dans sa tête ; il se disait en cogitant : "Qui est-il donc celui-ci que, moi, j'assiste pendant qu'il mange, à qui je tiens la lampe, auquel je rends ce service ? Et qui suis-je, moi, pour servir cet être-là ?". Là-dessus, l'homme de Dieu s'étant aussitôt retourné, se mit à lui faire de violents reproches en disant : "Signe ton cœur, frère ! Qu'est-ce que tu dis là ? Signe donc ton cœur !". Et sur-le-champ, appelant les frères, il prescrivit qu'on lui retire la lampe des mains ; quant à lui, il lui ordonna de quitter son service et d'aller s'asseoir - tranquille - à l'heure même. 2. Questionné par les frères pour savoir ce qu'il avait dans le cœur, il leur raconta point par point de quel esprit de superbe il s'était enflé et les paroles qu'en pensée, il avait prononcées contre l'homme de Dieu en secret. Alors, avec une évidence limpide, il devint patent pour tous qu'on ne pouvait rien cacher au vénérable Benoît à l'oreille de qui résonnaient même les mots de la pensée. (Dialogues / St Grégoire le Grand) |
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