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BEAUTE ET GRANDEUR DE DIEU :


La Sainte Trinité
7. Quoique le sentiment de cette intelligence supérieure et inexplicable tout à la fois répandit la joie la plus vive dans mon cœur, en me faisant adorer dans le Créateur de mon être l'infini de cette incommensurable éternité, cependant je cherchais avec un zèle trop ardent à me faire une idée du Seigneur infini, éternel, pour me déterminer à croire que son immensité consentit à se renfermer dans quelqu'un des ouvrages de sa magnificence. Ma piété, trompée par la faiblesse de mon esprit, n'allait pas au-delà du cercle qu'elle s'était tracé, lorsque je lus dans le prophète cette belle pensée sur Dieu : " Dans la grandeur des œuvres, dans la beauté des créatures, se montre visiblement le Créateur. " Oui, l'auteur des choses et les plus grandes et les plus belles est dans ses ouvrages, et si l'œuvre est au-dessus du sentiment même qu'elle inspire, il en est nécessairement de même, et à plus forte raison, de l'ouvrier. Le ciel est beau, la terre et la mer sont belles, l'univers est beau, l'univers que les Grecs ont appelé kosmoj (kosmos - ordre, beauté), c'est-à-dire le monde ; mais si, par l'effet d'un instinct naturel, nous sommes portés, ainsi qu'il arrive quand nos yeux s'attachent à observer certains oiseaux, certains animaux, à juger de la beauté des créatures, sans que, dans l'impuissance de l'expression qui nous manque, nous puissions reproduire le sentiment qui nous affecte ; et si, d'un autre côté, les mots ne répondant pas à la pensée, le sentiment ne peut rendre compte qu'à lui-même des impressions dont il a l'intelligence, ne suit-il pas nécessairement que l'auteur de tant d'œuvres si belles doit les effacer en beauté, de telle sorte qu'en dépit de la faiblesse de l'intelligence à s'élever jusqu'à cette hauteur, néanmoins le sentiment ne fasse pas défaut à la pensée ? Ainsi donc, il faut le proclamer, Dieu est beau ; et si l'intelligence de cette beauté nous échappe, nous en avons du moins le sentiment.
8. L'esprit plein de ces pieuses pensées, et tout pénétré de cette science divine, je me reposais en silence dans la contemplation de ces ineffables beautés, et je ne croyais pas qu'il fût possible à la nature de l'homme, dans ses respectueux hommages à l'auteur de la création, de se tenir en deçà ou d'aller au-delà de cette idée, à savoir que la grandeur de Dieu, inaccessible à l'intelligence, ne l'est point à la foi, et que si l'intelligence, guidée par la foi, admet un culte nécessaire, elle se perd et s'abîme dais l'infini de la puissance éternelle.
  (De la Trinité / St Hilaire de Poitiers)





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