(SUITE)![]() " Il nous faut considérer que Christ, qui nous convie à Son banquet, lutte à nos côtés. Or, un compagnon de combat prête main-forte non à ceux qui paressent et se traînent mais aux vaillants qui, avec courage et force, luttent dignement et bravement contre l'adversaire. " Jamais Cabasilas ne considère les sacrements comme de simples instruments ; toujours il voit, il célèbre en eux les véhicules des énergies incréées transmises aux humains, véritables antennes captant pour eux les ondes du divin. Partant de notre incorporation en Christ par les mystères, Nicolas Cabasilas élabore une théologie empreinte d'une ardente tendresse pour le Fils de Dieu. Le maître byzantin est captivé par le charme du Christ, nouvel E ros qui nous blesse d'amour : " Les membres sont unis à la tête, ils vivent par cette communion et ils meurent s'ils en sont séparés. Les membres de Christ sont plus étroitement unis à Lui qu'à leur propre tête, c'est même plus par Lui qu'ils vivent que par leur jointure à elle … ". " Si Christ demeure en nous, de quoi avons-nous besoin ? Que nous manque-t-il ? Si nous demeurons en Christ, que pouvons-nous désirer de plus? Il est notre hôte et notre demeure ". Pour ceux qui Le cherchent, Il est en eux, plus intimement que leur propre cœur, ils communient au Cœur Vivant ". De cette manière, nous vivons en Dieu. Nous soustrayons notre vie à ce monde visible pour la faire entrer dans l'autre monde qu'on ne voit pas. Nous changeons non pas de lieu mais d'existence. Ce n'est pas nous qui nous sommes rapprochés de Dieu ou qui sommes montés jusqu'à lui. C'est lui qui est venu chez nous et qui est descendu jusqu'à nous. Ce n'est pas nous qui L'avons cherché, mais Lui qui nous a recherchés. C'est Lui qui s'est abaissé vers la terre pour retrouver Son effigie. Il se rend là où la brebis errait. Il la prend sur son épaule pour l'empêcher de se perdre davantage. Il ne nous enlève pas de ce monde, mais Il nous rend célestes tout en nous laissant sur terre. Il nous donne la vie du ciel en nous pénétrant de Sa vie, non en nous élevant dans le ciel mais en infléchissant le ciel et en l'abaissant jusqu'à nous. Selon les paroles du prophète : " Il inclina les cieux et descendit ". En effet, le Juste a plaidé pour nous en mourant sur la Croix. Il nous a libérés de nos liens et de notre condamnation. Il a ainsi payé la dette pour les crimes qui nous avons audacieusement commis. En conséquence de cette mort, nous sommes devenus les amis de Dieu et des Justes. Par sa mort, le Sauveur nous, a non seulement libérés et réconciliés avec le Père, mais Il nous a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu. Il unit notre nature à Lui par l'intermédiaire de notre chair qu'Il a revêtue. Il unit également chacun d'entre nous à Sa propre chair par la puissance des mystères. Dieu est mort pour nous. C'est le sang d'un Dieu qui a été répandu sur la Croix. Quoi de plus précieux que cette mort ? Quoi de plus terrible ? Quel énorme crime, avait commis l'homme pour avoir besoin d'un tel prix pour l'expier ? Quelle blessure aussi profonde exigeait l'efficacité d'un tel remède ? C'est Son sang qui giclant des blessures, a obscurci le soleil, ébranlé la terre, sanctifié l'atmosphère, et purifié l'univers entier la fange du péché. Il étouffe le péché en nous et nous rend participants de Sa vie et de Ses mérites. Il nous associe à Sa victoire. Ô bonté de Dieu !!!!!!! Il couronne ceux qui ont été plongés dans les eaux du baptême et proclame vainqueurs les convives de Son banquet ! Il s'approprie nos sens odorat et goût - par lesquels pénètrent en nous l'air et la nourriture nécessaires à la vie corporelle. Par nos sens, Il entre en notre âme. Par l'odorat, Il vient sous forme de Chrême dégageant une suave odeur. Par le goût, Il vient comme nourriture. Nous Le respirons et Il devient notre nourriture. Nous sommes devenus membres de cette tête bienheureuse et ce qui appartient à la tête devient également nôtre. Les Sacrements nous unissent à ChristLe baptême est une naissance. La Chrismation est principe d'énergie et d'agir. Le pain de la vie et la coupe d'action de grâce sont vraiment nourriture et boisson. Notre âme est unie à Son âme, notre corps à Son corps et notre sang à Son sang. La Sainte Trinité est invoquée parce que la Trinité tout entière a voulu notre salut : Avec le Père nous sommes réconciliés, le Fils est le Réconciliateur. Le Saint Esprit est le don accordé à ceux qui sont réconciliés avec Dieu.Le Père nous libère, le Fils est la rançon versée pour nous libérer, L'Esprit est liberté. Le Père nous donne une vie nouvelle. Par le Fils nous avons été façonnés à nouveau. Et c'est l'Esprit qui vivifie. On pressentait déjà la Trinité lors de la première Création. Le Père alors créa. Le Fils était la main de celui qui créait. Le Paraclet était le souffle qui insufflait la vie. L'EucharistiePar la chair du Christ, et à Son banquet que Christ nourrit le chœur qui l'entoure et par ce seul mystère nous devenons " l'os de ses os et la chair de sa chair ".La nourriture naturelle est changée en celui qui la prend. Le Pain de vie change celui qui s'en nourrit. Il transforme et assimile celui qui Le mange. Le pain sacré forme l'homme nouveau en déracinant et rejetant le vieil homme. C'est en nous imprégnant de Son être pur, libre et vraiment divin qu'Il nous crée à nouveau, nous libère et nous divinise. Cette nouvelle naissance est divine et surnaturelle. Puisque cette naissance est toute de Dieu et surnaturelle, notre vie, nos mœurs et notre sagesse sont désormais nouveaux et spirituels. Le Sauveur le déclare à Nicodème : " Ce qui est né de l'Esprit est esprit ". Dieu a envoyé dans nos cœurs, l'Esprit de son Fils, qui crie : Abba, Père !! Là-haut, c'est le banquet de noces et, ici bas, sa préparation. Ici et là, c'est le même Epoux. Le ciel est venu sur la terre. Christ nous est intime bien plus que nos cosanguinaires, que nos parents et que nous-mêmes. Rien ne convient mieux à une âme contemplative que de penser à Christ. C'est la meilleure manière d'user de notre temps. Le propre de toute bonne méditation est de capter les énergies de Christ pour produire la vertu. Il se fait notre bienfaiteur et notre frère. Il est " un autre nous-même ". En contemplant le Sauveur, on ne peut qu'avoir le cœur rempli de douceur envers ceux qui nous offensent. Christ nous le dit : " Si vous connaissez combien Je suis doux, votre cœur sera au calme ! " Aussi dit-Il : " Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes ". La douceur s'accroît en nous par la méditation de la vie en Christ et notre contemplation nous embrase d'amour pour la Table sainte. Mais il ne retire rien de l'Eucharistie, celui qui garde quelque rancune ! La vie bienheureuse requiert que notre volonté soit bonne et qu'elle se polarise sur Dieu seul… Il ne nous demande que de vouloir le bien et d'avoir un jugement honnête. La vertu humaine consiste à communier avec Dieu par la volonté. Donc, si vivre en Christ, c'est l'imiter et vivre selon Lui, notre volonté doit agir conformément au vouloir de Dieu. Christ a soumis Sa volonté humaine à Sa volonté divine afin de nous laisser un exemple de la vie selon la droiture. Telle est la vie en Christ : cachée, mais manifestée par la lumière des bonnes œuvres, c'est-à-dire par l'amour. Car dans l'amour resplendit l'éclat de toute vertu. Autant que le peut l'effort humain, l'amour constitue la vie en Christ. On peut lui donner le nom de vie, elle est en effet union avec Dieu. Et c'est l'union qui est vie, tout comme la mort est séparation d'avec Dieu. Quel mot conviendrait mieux pour dire " vie " que le mot " amour " ? Tiré de : 'La Vie en Christ'
Auteur : Nicolas Cabasilas Auteur de la contribution : Mimi Cassis
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