(SUITE)![]() L’homme joint d’un esprit d’ascension qui est en nous, ce facteur de liberté morale grâce auquel prenant conscience de nous-mêmes, nous pouvons nous connaître et même, Dieu aidant, nous juger. C’est en l’esprit que siège notre volonté supérieure, la seule qui soit libre et véritable. « Je ne fais point ce que je veux, mais je fais ce que je déteste ». St. Paul. La voie du péché est pour nous une pente savonnée, mais celle des vertus une abrupte montée avec vertige et pesanteur. « Dieu très clément, accordez qu’en cet enfant le vieil homme soit si bien enseveli que l’homme nouveau puisse surgir ». L’homme intérieur celui qui m’est le plus intime, celui qu’en réalité je suis au plus profond de moi-même : Je veux tout risquer pour ta parole. Quand l’âme se découvre ainsi péchresse, quand elle « réalise » son état de pécher, sa condition déchue son esclavage congénital envers Satan, l’impossible et dure espérance qui nous claustrent entre ses murs nus, est l’exercice héroïque de l’humilité dans la foi. Il arrive alors que l’Esprit de Dieu nous oblige en quelque sorte d’espérer malgré nous, l’épée dans les reins. La joie suprême consiste en ces moments de joie, toute gratuite accordée d’En Haut pour nous rendre courage, d’abord Dieu rompt le corset qui nous serrait le cœur. La joie souveraine consiste alors à découvrir qu’on secrète en soi très profondément une source inespérée d’espérance, c’est le cœur qu’elle libère, pour l’homme extérieur, elle est au contraire emprisonnement et joug, mais acceptée en vue du Ro y aume des Cieux. Une mort pour la Vie. Le Père sait ce qu’il nous faut sur cette voie là : demandons lui tout simplement que « sa volonté soit faite ». Les Saints dit St. Paul sont les 1ers et les plus grands pécheurs comment nous, hommes pécheurs sommes- nous encore capables d’évoquer les fautes d’autrui? Les bêtes sauvages sont nos passions. Il n’ y a pas de oui – non dit St Paul, mais oui – oui Le Père est l’absolu de la Réalité. Le Fils est l’absolu de la Sagesse mais divine c’est-à-dire active, créatrice, le Saint Esprit est l’absolu de l’Amour. L’épreuve triomphale de Jésus au désert rouvrirait donc aux Trois Personnes, les portes de l’âme humaine. Au lieu de domi ner le monde en vice-Dieu, d’incarner les lois divines qui en régissent le cours, l’homme se révolte contre ces lois, l’univers devenu lui-même à sa façon, donc aveuglément l’incarnation de ces lois, incarnation brute et machinale, l’univers domi ne maintenant l’homme ou plutôt l’écrase sous ces lois ; ainsi se réalise la notion toute païenne de fatalité – destin. « L’homme a déserté honteusement » « les pierres elles-mêmes attendent leur salut ». Le monde entier se voit ainsi voué « à la perdition loin de la face de Dieu ». La nature participe dans cette mesure à la déchéance de celui qui est en quelque sorte sa tête son âme et sa voix. Mais quand l’humanité sera devenue, sans possibilité de rechute « la maisonnée de Dieu » la nature qui est la maisonnée de l’homme aura part à la liberté glorieuse de celui-ci. Tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons ne cesse de ra y onner, visiblement et invisiblement, de sorte que nos œuvres « brillent » comme dit Jésus, d’un éclat céleste ou infernal, non seulement pour « les hommes » mais encore pour tout le monde ». Le monde est ainsi ce que nous faisons, il est notre ombre, notre « animalité domestique », voire notre « naturalité domestique » : Si nous dressions notre chien à des mœurs de loup, il nous dévorerait. Si le Christ nous annonce « des pestes, des famines, des tremblements de terre » par toute la planète, ces révolutions de la nature procèdent des « guerres et bruit de guerre », de la mentalité haineuse parmi les hommes : « Lorsque s’élève nation contre nation, ro y aume contre ro y aume » l’anthroposphère se met à l’unisson ». La destinée de cet univers physique – retour au paradis ou figure de l’enfer- est donc en nos mains : dans cet univers devenu tout entier Sodome, c’est aux cohéritiers du Christ de jouer le rôle des Dix Justes pour l’amour desquels Yahweh ne le détruira pas. Car les hommes seront punis par leurs propres iniquités (Ezéch, 14 :10) ils seront eux-mêmes les metteurs en œuvre des grands fléaux et catastrophes. «Tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui est de bonne réputation, … que ce soit là l’objet de vos pensées » (Phil 4 :8) COSMOS ET GLOIRE
Albert Frank- Duquesne Auteur de la contribution : Mimi Cassis
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