retour 'le déluge et la mer noire'
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EXPEDITION SUR LA MER NOIRE



(Les mots précédés de ce sigle sont illustrés dans le diaporama en bas de page)


I) INTRODUCTION :

Robert BallardBallard, comme cela était signalé à la fin de la page précédente, envisageait de faire une deuxième expédition en Mer Noire afin de confirmer la théorie avancée par William Ryan et Walter Pitman en 1998. Il comptait aller plus loin dans les découvertes qu'il avait déjà faites en 1999 (voir page précédente, ainsi que la première partie du récit ci-dessous).
En septembre 2000 il monta donc une nouvelle expédition où il espérait bien déceler des traces de présence humaine de l'époque du 'déluge'.
Vous trouverez ci-dessous le récit détaillé des expéditions de l'été 1999 et de septembre 2000 :

II) RAPPEL DE LA THEORIE DE RYAN ET PITMAN :

"Nous naviguions au large des côtes nord de la Turquie, dans les environs du port de Sinope, c'était notre cinquième année de recherche sur la Mer Noire, une espèce de grosse mare en forme de rein. Cette mer fait à peu près 1120 km de long sur 400 km de large, c'est en quelque sorte la petite soeur de la Mer Méditerranée. A bord de notre bateau se trouvait une équipe comprenant des membres qualifiés dans plusieurs disciplines : des experts en robotique, des scientifiques et des étudiants etc [...]

Pitman affirma dans une conférence à l'Université d'Harvard en 1998 :
filet d'eau, mince cascade
"L'eau [à l'époque du déluge il y a environ 7500 ans] s'engouffra par la brèche avec 200 fois la force des chutes du Niagara. L'eau de mer se déversa dans le lac situé en contrebas jusqu'à ce que le niveau du lac atteigne celui de la mer. Dans un premier temps, ce ne fut qu'un filet d'eau, puis, l'eau se mit à couler plus vite en se frayant un chemin vers le lit du lac. Quelques mois plus tard, le filet d'eau s'était transformé en une cascade sauvage".
casacade sauvage : chutes du Niagara
[En effet, il y a de cela 7500 ans], le lac se situait 150 mètres plus bas que la Méditerranée et n'était séparé de celle-ci que par un mince isthme.
Si, effectivement, une brèche s'est ouverte dans l'isthme, donnant lieu à un cataclysme, toute personne vivant sur les rives nord (celles qui longent les steppes plates de l'Eurasie) aurait été forcée de se retirer dans les terres à raison de un à deux kilomètres par jour ; les gens qui habitaient le long des côtes de la Turquie ont peut-être pu se réfugier dans les montagnes voisines. Mais, la vitesse du débit de l'eau n'aurait laissé que peu de temps pour démonter les maisons et organiser l'évacuation ; des vestiges de cette population devaient toujours giser intacts au fond de la mer - des capsules temporelles, en quelque sorte, un peu comme celles que l'on trouve enfouies sous la cendre volcanique.



III) DECOUVERTE DE LA PLAGE DURANT L'ETE 99 :
découverte des coquillages


bateau de pêche du type utilisé pour l'expédition


     ANALYSE D'ECHANTILLONS
    TROUVES DANS LA MER NOIRE
mol-
-lus-
-ques

d'eau de mer
IL Y 3000 ANS
DELUGE
7500 ANS
mol-
-lus-
-ques

d'eau douce

9000 ANS





15000 ANS
. coquilles de mollusque datées au carbonne



(Voir croquis ci-dessus)

Les coquillages datés au carbonne qui ont été trouvés sur le littoral englouti peuvent être répartis en 2 groupes :
  • les coquillages d'eau douce, plus anciens.
  • les coquillages d'eau de mer, plus récents
La passage d'une espèce à l'autre vient étayer la théorie de Ryan et Pitman à propos de l'eau de mer qui aurait submergé le basin de la Mer Noire, il y a 7500 ans.

Pouvait-on vérifier la théorie de Ryan et Pitman ? Les eaux le long du port de Sinope, compte tenu de leur absence de limon, offraient un endroit parfait pour trouver les preuves de l'existence d'une ancienne plage d'eau douce. C'était trop tentant pour moi, je ne pouvais pas résister : nous inclurions donc cette recherche dans 'Le Projet Mer Noire' (ce projet avait en fait commencé dès l'été 1996).
Ma priorité, maintenant, était de trouver cette ancienne plage, qui, selon Ryan et Pitman, gisait 150m sous la mer.
Le 11 juillet 1999, nous nous dirigeâmes à environ 30 km à l'est de Sinope pour entreprendre une série de sorties-sonard. Cet après-midi Dwight Coleman, mon assistant, m'appela au poste de contrôle du sonar. Nous étions en train de 'labourer' un paysage, dont l'apparence n'était pas sans rappeler un puzzle géant. Ce paysage ne ressemblait à rien de ce que nous avions déjà vu dans les fonds marins. Il se terminait par une sorte de barre, comme celle que l'on trouve dans les rivières ou les fleuves. Cette barre était prolongée par un 'accotement', en fait un haut-fond, qui s'était formé par le flux et le reflux des vagues. Nous l'avions trouvé !
Nous avions trouvé l'ancienne plage. Maintenant, il nous restait à l'étudier, mais le temps ne le permit pas. Pendant 2 jours les vagues balayèrent la baie, et, les bateaux de pêche se balançaient contre les pneus de protection le long des quais bétonnés. Par une de ces ironies de la vie, George Bass, qui est une sommité dans le milieu de l'archéologie nautique, arriva à Sinop ; le temps était maintenant vraiment épouvantable :
"Je vais trouver quelque chose, lui dis-je, je vais remonter des pierres et des coquillages de ce littoral englouti.
- Nous ne sommes pas concurrents", dit-il d'un ton affable, alors que nous prenions le large, "Vous aimez trouver des trucs, moi, j'aime les trouver en faisant des fouilles".
Mais, en début d'après-midi, la mer était devenue menaçante, l'équipement sonar tanguait dangereusement. Mettre à l'eau ce type de matériel pour prendre une photo aurait été désastreux. Je décidai donc de mettre à l'eau la drague [...] Tout le monde était sur le pont quand on la remonta. Je plongeai la main dans la boule grise de terre visqueuse, j'en retirai des pierres et des coquillages, puis, je lançai un des cailloux à George Bass. Son visage s'illumina. Le caillou avait une forme ronde ! C'était un galet. C'était la plage de l'ancien lac d'eau douce, cela ne faisait aucun doute. Ces cailloux s'entrechoquaient là depuis des siècles.
"Incroyable", s'exclama Bass. Il se mit alors à me regarder avec le scepticisme perçant que j'avais appris à connaître chez lui. : "Maintenant, il nous faut de la chance."
Il voulait dire par là que trouver des traces tangibles d'habitats humains, qui viendraient confirmer la présence de la plage, ça serait en fait une histoire de quitte ou double. Nos attentes étaient énormes, Noé était sur toutes les lèvres, mais, tout ce que j'avais, c'était une poignée de galets et de coquillages.
Au moins la science était de notre côté. Pendant la basse saison, nous avions eu le temps de faire dater au carbone les coquillages que nous avions dragués. Ils étaient vieux de 2800 à 15000 ans. La limite entre les vieux coquillages d'eau douce et les coquillages d'eau de mer plus récents se situait aux alentours de 7500 ans (la même date que celle avancée par Ryan et Pitman pour la submersion de l'eau douce par l'eau de mer) [...]




IV) L'EXPEDITION DE SEPTEMBRE 2000 :
découverte de traces de peuplement
datant d'avant le 'déluge'

un submersible pouvant être utilisé comme 'sonar-traîneau' comme celui utilisé dans l'expéditionEn septembre 2000 nous arrivâmes au large de Sinope à bord du Northern Horizon. Nous décidâmes, à l'aide de notre 'sonar-traîneau', de commencer par draguer les fonds marins d'est en ouest, juste au sud de la ligne de plage. Nous espérions trouver des sites d'habitation.
A 10h30 du matin, nos caméras étaient arrivées à la hauteur des fonds marins. Nous étions d'humeur boudeuse. Aucune trace de bois ou ni même d'une cible de recherche intéressante. A 11h, alors que le sonar poursuivait sa route entre 100 et 110 mètres de profondeur, à environ 200 km des côtes, il tomba sur ce qui semblait bien être un site de construction contenant des poteaux en bois et des pierres carrées à moitié enterrées dans le limon. Tous les yeux étaient rivés sur les écrans de contrôle. Fred Hiebert s'exclama d'une voix entrecoupée : "La vache ! On dirait bien du clayonnage enduit de torchis ! Ça ressemble à une construction qui se serait effondrée ! Regarde...on voit les bâtons et les mottes de boue, c'est comme si on passait un site archéologique au rayon-X" [...] Du bois ? Je pensais bien trouver des pierres reflétant une quelconque organisation, peut-être même la façade d'un mur, n'importe quoi de linéaire. Mais, ici, nous avions du bois, à l'endroit exact où l'on espérait bien trouver des traces d'occupation humaine, une centaine de mètres en contre-haut de l'ancien littoral [...] Nous avions là, soit la preuve de l'existence d'une civilisation totalement inconnue, qui aurait vécu sur les bords de la Mer Noire, soit un simple amoncellement de déchets.
En fait, il s'avéra que nous avions les deux : la datation au carbone effectuée un l'arche de Noé / 'Noé était sur toutes les lèvres'moins après révéla que le bois était encore jeune, il s'était déposé pendant les 200 dernières années. En revanche, les blocs de pierre restait une véritable énigme et posait réellement question. "Considère tout ça comme un site que nous aurions trouvé sur la terre ferme, dit Fred d'un ton professoral, parce que c'est vraiment ce qu'on a : un site à fouiller"

V) CONCLUSION :

Même si le bois ne datait pas de l'époque de cette très ancienne plage, nous avions trouvé, à proximité, la preuve que des matériaux avaient été travaillés par la main de l'homme. Ces matériaux travaillés par l'homme devaient se trouver là avant même le déluge... "

Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le numéro anglais de mai 2001 du 'National Geographic'




DIAPORAMA






  Vous allez voir 4 diapos :

  1) Pitman et Ryan.
  2) Les montagnes le long des côtes turques.
  3) L'ancienne plage d'eau douce.
  4) Le port de Sinope.

  (changement en moyenne toutes les 10 à 20 secondes)



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