La lettre est composée pour répondre aux questions concrètes de la communauté chrétienne de
Corinthe. 1Co 7,1 fait mention d'une lettre envoyée à Paul par les Corinthiens
sur la question du mariage et du célibat. De toute évidence, il existe alors de
problèmes au sein de cette communauté. Elle est divisée en
plusieurs factions (Apollos, Céphas, Paul...), ceci étant probablement dû
au fait que les nouveaux membres ont tendance à se solidariser avec celui qui
les a baptisés. La division semble telle que les chrétiens ne prennent plus leur
repas en commun ou de telle manière qu'il n'existe plus de
communion, notamment entre les pauvres et les riches (11,22). des
questions dogmatiques se posent également, certains doutant
de la résurrection des morts, et par là même de celle du Christ (ch.
15). La ville de Corinthe est alors
une métropole florissante, abritant une population mélangée avec de fortes disparités sociales. La ville compte notamment une forte
population d'esclaves. La ville de Corinthe est réputée pour avoir une morale
plutôt relâchée, à tel point que l'expression « vivre à la corinthienne » est
synonyme de vie de débauche. La
communauté de Corinthe est formée par des chrétiens venant
du paganisme. La plupart de ses membres ont une origine modeste. On y
compte de très nombreux esclaves. On y trouve également quelques notables
influents de la ville. Selon la lettre elle-même (16,8), Paul a écrit ce texte
lors de son séjour à Éphèse dans les années 51-54. Il
est possible que le texte dont nous disposons actuellement regroupe en fait
plusieurs correspondances de Paul avec les Corinthiens pendant ce long
séjour.
Une ou plusieurs lettres ?
La première lettre aux Corinthiens pourrait-elle être
l'assemblage de plusieurs lettres de Paul ? On constate par exemple que
certaines parties de l'épître sont facilement isolables. Paul fait
allusion au contenu d'une lettre qu'il a déjà écrite aux Corinthiens (1Co
5,9): cette lettre pourrait se trouver elle-même dans cette épître
(6,1-11). Suivant les auteurs, il est possible de voir 2, 3 ou même quatre
lettres au sein de cette épître.
La division au sujet des prédicateurs de l'Evangile
La situation 1,10-12
Le problème 1,13-16
Les causes 1,17-3,18
Les solutions 3,18-4,13
Avertissement 4,14-21
Un cas d'inceste 5,1-13
La question de l'appel aux tribunaux païens 6,1-11
La débauche 6,12-20
Problèmes moraux et liturgiques (7-14)
Le mariage et le célibat 7,1-40
Les viandes consacrées aux idoles
La théorie 8,1-10,13
La pratique 10,14-30
Conclusion 10,31-11,1
La liturgie chrétienne
La tenue des femmes 11,2-16
Le repas eucharistique 11,17-34
Les dons de l'Esprit (les charismes) 12,1-30
La hiérarchie des charismes (Hymne à l'amour)
12,31-14,25
Conclusions pratiques 14,26-40
La question de la résurrection
des morts (15)
Conclusion générale
Recommandations 16,1-18
Salutations 16,19-21
Voeu final 16,22-24
Les thèmes de la lettre
La lettre développe le thème très paulinien de
la théologie de la Croix. Sous ce terme, Paul désigne
le salut reçu en Christ, à travers l'évènement scandaleux de la mort de Jésus.
Ce qui apparaît un signe de faiblesse ou de scandale aux yeux du monde devient
pour le croyant signe de la puissance de Dieu. Dans cette épître, Paul insiste
sur la dimension universelle du salut : les païens comme les Juifs sont appelés
à entrer dans cette logique divine qui va très souvent à contre-courant de la
logique humaine. Autre thème
important de cette lettre : la liberté. Elle se
manifeste pour le Chrétien d'abord par une libération de l'asservissement du
péché. Le Chrétien n'en est pas pour autant totalement autonome, car il
retomberait alors dans une forme d'esclavage en étant soumis à ses désirs (à la
« chair » selon la terminologie paulinienne). Sa liberté doit être respectueuse
des autres, et notamment des plus faibles. D'où la célèbre formule « Tout m'est
permis mais tout n'édifie pas...; » (1Co 6,12). Paul développe dans cette épître la question complexe
de la résurrection des morts. Dans une perspective
eschatologique, cette résurrection prend place dans le processus qui aboutira à
rendre la création incorruptible. La résurrection permet aux défunts de
participer à cette transformation. Le fondement de la foi en la résurrection des
morts repose sur la foi en la résurrection de Jésus Christ. Jésus est présenté
comme le nouvel Adam. De même que tous les hommes meurent en Adam, tous
ressusciteront en Jésus-Christ.
Un texte représentatif : la question des
charismes et l'hymne à l'amour (1Co 12,31-13,13)
1 Co 12,31
Aspirez aux dons supérieurs. Et je vais encore vous montrer une voie qui les
dépasse toutes. 131 Quand je parlerais en
langues, celle des hommes et celle des anges, s'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne,
une cymbale retentissante. 2 Quand j'aurais le
don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la
connaissance, quand j'aurais la foi la plus
totale, celle qui transporte les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. 3 Quand je distribuerais tous mes biens aux
affamés, quand je livrerais mon corps aux
flammes, s'il me manque
l'amour, je n'y gagne rien.
4 L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse
pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, 5 il ne fait rien de laid, il ne cherche
pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune, 6 il ne se réjouit pas de l'injustice,
mais il trouve sa joie dans la vérité. 7 Il excuse tout, il croit
tout, il espère tout, il endure tout.
8 L'amour ne disparaît jamais. Les prophéties? Elles seront abolies. Les langues? Elles prendront fin. La
connaissance? Elle sera abolie. 9 Car notre
connaissance est limitée, et limitée notre prophétie.
10 Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera
aboli. 11 Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme
un enfant, je raisonnais comme un enfant. Devenu homme, j'ai mis fin à ce qui
était propre à l'enfant. 1 2 À présent, nous
voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors, ce sera face à
face. À présent, ma connaissance est limitée,
alors, je connaîtrai comme je suis connu. 13
Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l'espérance et
l'amour,