On pourrait me citer à juste titre la variante en St Luc (chap 11), notamment le verset 53 où il est dit qu'après un discours si rugueux les scribes et les pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement.... A ceci, je ferais remarquer que la réaction des scribes et des pharisiens est somme toute assez modérée. En effet, dans la suite du verset 53, il est dit : [ils se mirent] à le faire parler sur une foule de choses, puis au verset 54 : , lui tendant des pièges pour surprendre de sa bouche quelque parole [fautive].
Voilà bien une réaction modérée, si on la compare à Marc 3, 1-6, où ce n'est pas suite à un discours 'musclé' de Jésus, mais bien à un acte-signe - la guérison de la main desséchée d'un homme le jour du sabbat - que les Pharisiens cherchèrent comment tuer Jésus (Verset 6). On voit là donc bien que la rugosité des paroles de Jésus éveille certes la colère, mais pas la rancune tenace et meurtrière que déclenchèrent ses actes prophétiques.
Ce qui a en fait enraciné la haine des Pharisiens jusqu'au meurtre, c'est plutôt la prétention de Jésus à dépasser la Loi de Moïse et l'ordre religieux établi (cf. les marchands du Temple), ainsi que les troubles qu'il semblait générer dans une province déjà bien surveillée par les romains (cf. les paroles de Caïphe en Jean 11, 47-50 qui sont tout à fait significatives à cet égard. Remarquons aussi dans ce même passage la crainte des Pharisiens que les signes de Jésus soient suffisamment efficaces pour 'détourner' la foule de la religion prêchée par les Pharsiens).
Pour conclure, il est indispensable de faire remarquer qu'en définitive, la suprême raison pour laquelle Jésus fut condamnée à mort est tout simplement sa prétention à la divinité (cf. Marc 14, 61-64 ; Jean 10, 33) !

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