Les prophètes du temps de l'exil avaient
annoncé un retour des exilés prenant la forme d'un nouvel exode encore plus
glorieux que le premier. Lorsque le roi de Perse Cyrus s'empare en 538 de
Babylone et met du même coup fin à la domination babylonienne, il promulgue un
édit rendant
leur liberté à tous les Juifs retenus captifs en Mésopotamie. Tout semble donc
prêt pour opérer ce retour d'exil attendu depuis cinquante ans. Le livre d'Esdras précise que c'est le prince Sheshbaççar qui reçoit le dépôt des objets du temple. Comme
on ne trouvera plus trace de ce personnage dans la suite, on a cherché à
l'identifier. Certains proposent d'y voir la même personne que le prince
Shenazzar cité en 1Ch 3,18, ce qui fait de lui un descendant de David, et
l'oncle de celui qui sera réellement le rebâtisseur du temple, le prince
Zorobabel. Mais la mission de
Sheshbaççar, faute de soutien, va être un échec. Les occupants du pays,
Samaritains et Judéens restés sur place, voient d'un très mauvais oeil le retour
des exilés qui amènent avec eux tous les principes théologiques et liturgiques
développés en exil. Ceci est d'autant plus manifeste que, sur le plan politique,
le gouverneur de Samarie avait autorité sur la Judée. Il n'est dès lors pas
enthousiaste au projet de rétablissement d'une autonomie judéenne.
Par ailleurs, les candidats au retour ne
sont pas légion. Beaucoup d'exilés se sont très bien adaptés à Babylone et y ont
refait leur vie et leur fortune. Ils ne sont pas enchantés à l'idée de quitter
tout cela pour revenir dans un pays pauvre, dans une ville à demi-ruinée, non
défendue, et dont la majorité de la population est hostile à leur arrivée. Seul
un petit nombre choisissent le chemin du retour et leurs noms seront consignés
avec soin.
Un clivage au sein du judaïsme post-exilique
On voit ici se mettre en place un ferment de division
qui va déchirer profondément le monde juif. Qui vont, désormais, être les Juifs
fidèles, le vrai peuple de Dieu? Trois groupes vont se trouver
confrontés:
Ceux qui n'ont jamais quitté la Judée Samarie, et qui se considèrent
comme les vrais Juifs enracinés dans la terre que Dieu donna à leurs
pères
Ceux qui sont revenus d'exil, l'élite intellectuelle et sacerdotale
qui n'a pas grande considération pour les petits restés sur place et qui
se considèrent les vrais garants d'un judaïsme qui a su résister à la
contamination païenne.
Ceux qui sont partis
en exil à Babylone ou qui ont fuit en Egypte et qui ne sont jamais
revenus, mais qui, au contraire, ont formé des
communautés juives vivantes dans leurs nouveaux pays d'adoption.
Pour ceux-là, ce n'est pas tant la présence sur une terre qui fait
l'authenticité du judaïsme, mais la pratique d'une loi que désormais il
est possible de respecter aussi bien à Babylone qu'à
Jérusalem.
Des débuts laborieux
Quoi
qu'il en soit, les rapatriés vont tant bien que mal relever l'autel du temple
pour y reprendre le culte sacrificiel. La communauté s'organise autour de deux
leaders: le prince Zorobabel et le prêtre Josué. Ce double commandement politique et sacerdotal va
profondément structurer le judaïsme des siècles qui suivront. Après Cyrus et son fils Cambyse, Darius arrive au
pouvoir en 522. Il va donner un coup de fouet à la politique de rétablissement
des exilés en chargeant officiellement Zorobabel de rebâtir le temple, malgré
l'opposition du gouverneur de Samarie. Le temple sera achevé
en 515, sixième année du règne de Darius. On ne trouve plus trace de Zorobabel à partir de 518
et on ne sait ce qu'il est devenu. Outre le livre d'Esdras, les livres d'Aggée
et de Zacharie concernent cette période. Le nouveau temple est bâti sur le
modèle du temple salomonien, mais de bien moindre qualité. A la fin de cette
reconstruction, le sentiment dominant reste la déception. On attendait un retour d'exil triomphal, un
nouvel exode. On se retrouve peu nombreux dans un pays pauvre et hostile.
Le
cadre historique de la période perse
En conquérant l'empire
babylonien, Cyrus donne aux Perses la domination sur le plus vaste
territoire jamais dominé par une seule puissance en Mésopotamie. Ses
successeurs vont avoir à gérer la cohérence de ce monde très diversifié.
Leur politique générale sera celle d'un respect des coutumes locales.
C'est du côté de l'Asie mineure et de la Grèce que l'histoire va
essentiellement se dérouler.
Les rois de
Perse
Cyrus le Grand (559-529)
Cambyse (529-522)
Darius I (522-486)
Xerxès I (486-465)
Artaxerxès (465-423)
Xerxès II (423)
Darius II (423-404)
Artaxerxès II (404-358)
Artaxerxès III (358-338)
Arsès (338-336)
Darius III (336-331)
Darius I (522-486) ou
le début de guerre contre les Grecs...
En quelques années après son avènement (522), Darius I réussit à pacifier la quasi totalité de l'empire
perse qui avait été passablement agité de révoltes lors de son avènement. La
seule frontière instable reste l'ouest, avec les Scytes irréductiblement
retranchés dans ce qui correspond aux Balkans actuels, et les Grecs qui tiennent le contrôle de la Méditerranée. Seule la
marine phénicienne est en mesure de rivaliser avec eux. Bien qu'alliée aux
Perses, elle demeure d'une fidélité douteuse. Suite à des révoltes en Asie mineure soutenues par la
Grèce, Darius décide de soumettre la Grèce et entreprend une vaste opération
militaire. Il met en place une vaste flotte et fait débarquer ses troupes à
Marathon en 490. Le combat avec les Grecs est un
échec cuisant (6400 morts coté Perse, 192 coté Grec). Darius commença à préparer
une gigantesque expédition punitive, mais il mourut en 486.
Xerxès I (485-465) ou
la poursuite de la guerre contre les Grecs...
Le décès de Darius I entraîna d'importantes révoltes
à Babylone et son successeur, son fils Xerxès I dut
s'en occuper en priorité. L'expédition punitive fut alors ajournée. Xerxès nous
est connu par Hérodote comme un monarque ami du faste et plutôt du genre chaud
lapin, renommé pour son goût des femmes, ce qui sera corroboré par le livre
d'Esther, dans lequel le roi perse Assuérus correspond à Xerxès I.
Sous la pression de ses généraux, Xerxès va
reprendre les opérations militaires contre la Grèce. Après le succès de la
bataille des Thermopyles et la prise d'Athènes en
480, les Perses subissent plusieurs défaites rapprochées (Salamine 480 Platée 479, Mycale le même jour) et tout le corps expéditionnaire perse
est anéanti. Toutes les tentatives ultérieures pour établir une hégémonie perse
en Europe se solderont par des échecs. Xerxès sera éliminé en 465 par une
conspiration qui met son fils Artaxerxès I sur le
trône. Les règnes suivants furent
presque tous marqués par des complots de palais et diverses révoltes, notamment
en Egypte. Presque tous les successeurs de Xerxès sont morts de manière non
naturelle.
  Darius III (335-330) ou
la fin de la guerre contre les Grecs...
Le dernier de la dynastie achéménide, Darius III,
accède au pouvoir en 335. L'empire perse est presque toujours aussi vaste, mais
il est complètement miné, bien semblable à la statue du songe de Daniel: un
colosse aux pieds d'argile qu'un seul petit caillou peur faire effondrer.
Le petit caillou, en l'occurrence, est un
gros rocher. La Grèce est alors unifiée, après bien des querelles internes, sous
la houlette du roi de Macédoine, Alexandre. Ce
dernier entreprend en 334 une campagne d'envergure contre l'Asie. En quelques
mois, il conquiert toute l'asie mineure et avance vers l'intérieur des terres.
Darius III affronte Alexandre en 333 à Issus, au nord
de la Syrie. C'est un échec, et toute la famille de Darius (mère, femme et
filles) est faite prisonnière. Alexandre pacifie la région avant de poursuivre
plus avant. Selon l'historien juif F. Josèphe, Alexandre aurait profité de la
pacification de la Palestine pour faire une visite à Jérusalem, mais ce fait
demeure incertain. Alexandre est accueilli en libérateur par les Egyptiens. Il y
fonde une grande ville en 332 qui s'appellera Alexandrie. En 331, Alexandre reprend sa campagne contre la
Perse. Darius l'affronte une nouvelle fois à Gaugamèle et est à nouveau vaincu. Darius se replie vers
l'est. Il est retenu prisonnier par un de ses satrapes qui le met à mort pour se
concilier les bonnes grâces d'Alexandre. Nous sommes arrivés à la fin de la
période perse.
Pendant ce temps, en Israël...
Nous disposons de quelques livres dont le cadre historique se situe sous la
période de domination perse. Outre le livre d'Esther, ce sont surtout les livres d'Esdras et de Néhémie
qui recouvrent cette période, ainsi que probablement le prophète
Malachie. Nous avions laissé la
communauté de Judée avec un double gouvernement, politique et sacerdotal. Toute
la province de Judée fait partie de la satrapie de Transeuphratène et est placée sous l'autorité de son
satrape. Les conditions de vie restent difficiles, d'autant plus qu'il semble
bien que les gouverneurs civils en prennent à leur aise et en profitent pour
s'enrichir personnellement: Ne 5 15
Or les anciens gouverneurs, qui m'ont précédé, pressuraient le peuple: ils
lui prenaient chaque jour, pour la provende, 40 sicles d'argent; leurs
serviteurs aussi opprimaient le peuple. Moi au contraire je n'ai jamais agi de
la sorte, par crainte de Dieu.
Cet état d'esprit retentit sur toute la communauté, jusqu'au culte du temple.
Malachie, qui doit prophétiser vers 450, dénonce ceux
qui offrent pour le sacrifice des bêtes malades ou estropiées, et qui fraudent
sur la dîme: Ml 1 8 Quand vous
amenez des bêtes aveugles pour le sacrifice, n'est-ce pas mal? Et quand vous en
amenez des boiteuses ou des malades, n'est-ce pas mal? Présente-les donc à ton
gouverneur: en sera-t-il content? Te recevra-t-il bien? Dit Yahvé Sabaot.
9 Et maintenant implorez donc Dieu pour qu'il nous prenne en pitié (c'est de vos
mains que cela vient): vous recevra-t-il? Dit Yahvé Sabaot. 10 Oh! qui
d'entre vous fermera les portes pour que vous n'embrasiez pas inutilement mon
autel? Je ne prends nul plaisir en vous, dit Yahvé Sabaot, et n'agrée point les
offrandes de vos mains. 11 Mais, du levant au couchant, mon Nom est grand
chez les nations, et en tout lieu un sacrifice d'encens est présenté à mon Nom
ainsi qu'une offrande pure. Car grand est mon Nom chez les nations! dit Yahvé
Sabaot. 12 Tandis que vous, vous le profanez, en disant: La table du
Seigneur est souillée, et ses aliments méprisables. 13 Vous dites: Voyez,
que de souci! et vous me dédaignez, dit Yahvé Sabaot. Vous amenez l'animal
dérobé, le boiteux et le malade, et vous l'amenez en offrande. Puis-je l'agréer
de votre main? Dit Yahvé Sabaot. 14 Maudit soit le tricheur qui possède
dans son troupeau un mâle qu'il voue, et qui me sacrifie une bête tarée. Car je
suis un Grand Roi, dit Yahvé Sabaot, et mon Nom est redoutable chez les
nations. Beaucoup se laissent
tenter par des mariages mixtes avec des païennes
probablement fortunées, et n'hésitent pas pour cela à répudier leur épouse
juive: Ml 2 13 Voici une seconde
chose que vous faites: vous couvrez de larmes l'autel de Yahvé, avec
lamentations et gémissements, parce qu'il se refuse à se pencher sur l'offrande
et à l'agréer de vos mains. 14 Et vous dites: Pourquoi? -- C'est que Yahvé
est témoin entre toi et la femme de ta jeunesse que tu as trahie, bien qu'elle
fût ta compagne et la femme de ton alliance. 15 N'a-t-il pas fait un seul
être, qui a chair et souffle de vie? Et cet être unique, que cherche-t-il? Une
postérité donnée par Dieu! Respect donc à votre vie, et la femme de ta jeunesse,
ne la trahis point! 16 Car je hais la répudiation, dit Yahvé le Dieu
d'Israël, et qu'on recouvre l'injustice de son vêtement, dit Yahvé Sabaot.
Respect donc à votre vie, et ne commettez pas cette trahison!. C'est dans ce contexte somme toute peu
reluisant que vont prendre place les missions de Néhémie et d'Esdras. Après cela, on
entre dans un grand vide documentaire concernant la fin de la période perse en
Israël. Seul l'historien F. Josèphe donne quelques renseignements et ils sont
inquiétants. Il est fait mention, une vingtaine d'années après le voyage
d'Esdras, de l'assassinat par le grand-prêtre de son propre frère dont il
redoutait l'ambition. Cette période
sera aussi l'occasion d'une intense activité littéraire: travail de conservation
et de stabilisation du texte de la Torah, adjonction au corpus des anciens
prophètes des oeuvres d'Ezéchiel, Aggée, Zacharie et Malachie, qui marque
d'ailleurs la fin du prophétisme classique, lequel sera relayé par l'activité de
commentaire des scribes et de visionnaire des auteurs d'apocalypses. Enfin, le
troisième traité de la Bible, celui des Ecrits, commence à se constituer, avec
les oeuvres poétiques, comme les Psaumes, et des collections d'ouvrages de
sagesse.
La question des Samaritains
Pendant longtemps, on accordé un crédit
total au texte de 2R 17 :
24Le roi d'Assyrie fit venir des gens de Babylone,
de Kuta, de Avva, de Hamat et de Sepharvayim et les établit dans les villes de
la Samarie à la place des Israélites ; ils prirent possession de la Samarie et
demeurèrent dans ses villes. 25 Au début de leur installation dans le
pays, ils ne révéraient pas Yahvé et celui-ci envoya contre eux des lions, qui
en firent un massacre. 26 Ils dirent au roi d'Assyrie : «Les nations que
tu as déportées pour les établir dans les villes de la Samarie ne connaissent
pas le rite du dieu du pays, et il a envoyé contre elles des lions. Ceux-ci les
font mourir parce qu'elles ne connaissent pas le rite du dieu du pays.» 27
Alors le roi d'Assyrie donna cet ordre : «Qu'on fasse partir là-bas l'un des
prêtres que j'en ai déportés, qu'il aille s'y établir et qu'il leur enseigne le
rite du dieu du pays.» 28 Alors vint l'un des prêtres qu'on avait déportés
de Samarie et il s'installa à Béthel ; il leur enseignait comment ils devaient
révérer Yahvé. 29 Chaque nation se fit ses dieux et les mit dans les
temples des hauts lieux, qu'avaient faits les Samaritains ; chaque nation agit
ainsi dans les villes qu'elle habitait. 30 Les gens de Babylone avaient
fait un Sukkot-Benot, les gens de Kuta un Nergal, les gens de Hamat un
Ashima, 31 les Avvites un Nibhaz et un Tartaq, et les gens de Sepharvayim
brûlaient leurs enfants au feu en l'honneur d'Adrammélek et d'Anammélek, dieux
de Sepharvayim. 32 Ils révéraient aussi Yahvé et ils se firent, en les
prenant parmi eux, des prêtres des hauts lieux, qui officiaient pour eux dans
les temples des hauts lieux. 33 Ils révéraient Yahvé et ils servaient
leurs dieux, selon le rite des nations d'où ils avaient été
déportés.
La thèse dominante chez beaucoup
d'historiens était donc de considérer les Samaritains comme les descendants de païens déportés dans l’ancien royaume du
Nord et ayant adopté en le pervertissant profondément une partie du culte
yahviste.
Cette thèse a été très fortement remise en
question par les études contemporaines basées entre autre sur les documents
samaritains eux-mêmes. Les ressemblances entre les
pratiques cultuelles et la foi des Samaritains et des Juifs sont beaucoup plus
importantes que leurs différences. Paradoxalement, les Samaritains apparaissent
comme un courant très traditionaliste du judaïsme,
finalement assez proche des Sadducéens de l’époque du Christ. La rupture entre
les deux communautés et la violente hostilité qui les oppose est beaucoup plus
récente que la période de la chute de Samarie et de la déportation de sa
population. En fait, après la chute
de Jérusalem, Samarie se trouve dans une situation plus
favorable que la capitale de Judée et va devenir la capitale régionale.
Les Samaritains se considèrent toujours comme des adorateurs de Yahvé, et
probablement plus fidèles que les Judéens qui viennent d’être sanctionnés pour
leurs péchés. C’est ainsi qu’ils revendiquent toujours comme lieu de culte le
temple yahviste de Jérusalem. Le conflit va se cristalliser lors du retour
d’exil, notamment sous l’influence de Néhémie. Pour le courant Esdras-Néhémie,
les seuls garants du judaïsme authentique sont les exilés revenus de Babylone.
Progressivement, les deux communautés vont aboutir à une hostilité déclarée. Cela aboutira à la construction ou
plutôt à la restauration d'un temple rival sur le
Garizim, peut-être sous la période perse, plus probablement pour de nombreux
historiens, sous le règne d'Alexandre. L’historien F. Josèphe rapporte en effet un récit
concernant l’origine du temple du Garizim. Peut-être sous Darius III (mais ceci
est incertain car Josèphe prend pas mal de libertés avec les dates), un certain
Manassé, le frère du grand-prêtre en exercice contractera un mariage mixte avec
la fille du gouverneur de Samarie. Devant la réaction indignée d'une partie du
clergé de Jérusalem, Manassé, suivi de nombreux prêtres également coupables de
mariages mixtes, va rejoindre son beau-père le gouverneur de Samarie, qui lui
construira un temple personnel sur le mont Garizim. Selon Josèphe, ce
serait l'origine du clergé dissident samaritain et du temple rival de
Jérusalem sur le mont Garizim. Néhémie rapporte une histoire assez similaire,
mais sous Artaxerxès I. La
crédibilité de ce récit reste douteuse pour nombre d’historiens, et les fouilles
archéologiques montrent que le sanctuaire du Garizim est bien plus ancien que
cette période. Il semble cependant avoir connu un fort regain d’activité à la
période grecque, mais pas pour les raisons que F. Josèphe avance. C’est en fait
une réaction traditionaliste devant la liberté religieuse de la période grecque
qui amène les Samaritains à se replier sur le sanctuaire ancien. Ils seront
d’ailleurs autant persécutés que les Juifs pour leur fidélité religieuse. A l’époque néo-testamentaire, la coupure sera totale entre les
deux communautés, chacune accusant l’autre d’hérésie et prétendant
détenir la seule vérité. Le dialogue de Jésus avec la Samaritaine dans
l’évangile de Jean est significatif avec la question du lieu où il faut adorer:
le Garizim ou Jérusalem. Les armées romaines trancheront ultimement le conflit
en assurant la destruction des sanctuaires. Aujourd’hui, la communauté des
Samaritains subsiste avec quelques centaines d’individus. C’est en pratique la
plus ancienne communauté juive subsistant encore aujourd’hui. Alors que l’on a
cherché bien loin les tribus dispersées d’Israël, pensant les trouver à chaque
découverte de peuples nouveaux, on a trop longtemps négligé de les chercher là
où elles ont toujours subsisté: en Samarie.