Il est très difficile de dater avec
précision l'histoire des patriarches (Abraham, Isaac, Jacob, Joseph) telle
qu'elle nous est décrite dans le livre de la Genèse. Pour les archéologues, le
cadre général est l'époque du Bronze moyen (2150 à 1550) et l'histoire de cette
époque est dominée par les deux géants de l'Ancien Orient : l'Egypte et la
Mésopotamie.
Le cadre général de l'histoire de l'Ancien
Orient : le croissant fertile
Le croissant fertile
Le nom de croissant fertile vient de la
particularité géographique de cette région. Les plus anciennes civilisations
n'ont pu s'implanter que là où il y avait de l'eau permettant l'agriculture. En
pratique, l'eau ne se trouve que dans les régions arrosées par des fleuves ou
des régions suffisamment arrosées par la pluie. Cela va donner trois pôles de
civilisation très conditionnés par les conditions climatiques :
L'Egypte
L'Egypte antique tire ses ressources agricoles du
Nil. Ce fleuve présente la particularité de présenter très régulièrement
des crues importantes qui déposent du limon très fertile.
Totalement dépendante de ces crues, la civilisation
égyptienne va rester cantonnée à proximité du Nil. Le delta va abriter les
principales villes, et les Egyptiens vont progressivement remonter la
vallée du fleuve jusqu'aux premières cataractes. Historiquement, le territoire de l'empire égyptien va rester
remarquablement constant. La zone d'influence de l'Egypte pourra être très
étendue à certaines époques, mais son territoire ne va pratiquement pas
varier au cours des millénaires.
La Mésopotamie
Le nom de "Mésopotamie" vient d'un terme grec qui signifie
littéralement "entre les fleuves". De fait, toute l'économie de la Mésopotamie
repose sur l'apport en eau du Tigre et de l'Euphrate. Ce dernier fleuve est
tellement important que la Bible le désigne souvent sous le nom de "fleuve" sans
autre précision. Contrairement à l'Egypte, les
civilisation mésopotamiennes (Sumériens, Akkadiens, Assyriens, Babyloniens...)
ne comptent pas sur les crues mais sur les techniques d'irrigation. Cette région
assez plate va permettre l'expansion de grands empires. A partir de petites
entités politiques appelées des "cités-états" (parce que l'état se limite à une
ville), des rois vont fédérer et fusionner nombre de ces cités pour régner sur
des territoires de taille impressionnante.
Entre les deux... Canaan
Le territoire où s'implantera ultérieurement Israël
est connu sous le nom de Canaan. Cette petite région revêt une importance
stratégique considérable, car elle est le point de passage obligé pour les
voies de communication entre les grandes puissances. Que ce soit pour la
guerre ou le commerce, il faut passer par Canaan pour aller d'Egypte en
Mésopotamie ou réciproquement. En Canaan,
l'agriculture ne dépend pas du réseau fluvial mais de la pluie. Les dieux
cananéens ne seront donc pas des dieux représentant les fleuves, mais des
dieux habitant le ciel et capables de donner (ou de refuser) la pluie aux
hommes.
Les déplacements d'Abraham
Selon le livre de la Genèse (11,31-12), Abraham vient de la
ville d'Ur en Mésopotamie. Ur est le centre du pays de Sumer et atteint le
sommet de sa gloire vers 2000 avant notre ère. Il est intéressant de constater
que plusieurs parents d'Abraham portent en fait des noms de villes de l'Ancien
Orient: Térah, Nahor, Serug. Tous ces lieux sont situés dans le nord de la
Mésopotamie. Abraham s'est ensuite dirigé vers Canaan:
L'invasion Hyksos et la libération de
l'Egypte
La domination
égyptienne de l'époque va être mise à mal vers 1720. Des rois venus du Nord, les
Hyksos, vont conquérir l'Egypte et s'y installer durablement. En égyptien, les
Hyksos désignent les "souverains étrangers", ces rois se définissant eux-même
comme pasteurs. Le succès des Hyksos est du à leur arme de guerre nouvelle: le
char de combat. Il faudra deux siècles aux pharaons réfugiés en haut de la
vallée du Nil pour reconquérir le delta et repousser les Hyksos vers Canaan. Ce
n'est qu'en 1570 qu'Amosis Ier (fondateur de la 18ème dynastie) réussit à
reprendre la capitale Hyksos de Coan dans le delta. Les successeurs d'Amosis
vont conquérir Canaan et placer les cités-états cananéennes sous contrôle
égyptien. On dispose pour les années 1400-1350 d'une abondante documentation
archéologique: les lettres d'El
Amarna. Il s'agit de la correspondance diplomatique entretenue par les
Pharaons Aménophis III et IV avec les princes de Canaan. Ces documents
confirment que l'Egypte contrôlait Canaan jusqu'au nord de la Syrie.