I- L'intronisation de David (1-4)II- La gloire de David (5-10)
- Après avoir célébré le deuil de Saül (1), David est sacré roi de Juda à Hébron (2,1-4).
- Mais la royauté de David reste fragile. Il est de la tribu de Juda, contrairement à Saül qui était issu de la tribu d'Ephraïm. Les habitants du Galaad en Transjordanie peinent à reconnaître le nouveau roi qui doit les gagner à sa cause (2,4-7)
- Le chef de guerre de Saül, Abner, décide de tenter un coup de force. Il établit comme roi de Galaad un fils de Saül, Ishbaal. Abner l'utilise comme paravent et gouverne en réalité pour son propre compte l'ensemble des tribus du nord. Cette coalition attaque David à Gabaôn. David et son chef de guerre Joab remportent la victoire, mais sans emporter un succès décisif et la guerre se poursuit (2,8-32).
- David s'installe à Hébron et engendre plusieurs fils (3,2-5). Abner décide d'abandonner Ishbaal et de se rapprocher de David, mais Joab l'assassine avant qu'il ait eu le temps de se rallier (3,6-39).
- Ishbaal se fait assassiner par deux brigands qui pensent ainsi bien se faire voir de David. Mais David réprouve ce meurtre et fait exécuter les meurtriers (4). La maison de Saül étant presque éteinte (il reste un fils infirme de Jonathan), les habitants des tribus du nord finissent par se rallier à David qui est sacré roi de tout Israël (5,1-5)
- David commence son règne par une décision politique capitale. Sachant bien que l'accord entre Juda et les tribus du nord reste précaire, il choisit pour capitale une ville "neutre", n'appartenant à aucune tribu. Il prend d'assaut une ville cananéenne jusqu'alors inviolée dont il fait sa capitale: JERUSALEM. (5,2-9)
- Installé à Jérusalem, David se bâtit un palais et engendre de nouveaux fils. Il remporte coup sur coup des victoires décisives contre les Philistins qui mettent un terme à cette menace (5,10-17).
- De sa capitale politique, David décide alors d'en faire une capitale religieuse. Pour cela, il commence par transférer l'Arche d'alliance qui était toujours en attente à Qiryat-Yéarim. L'Arche arrive à Jérusalem au cours de grandes festivités (6)
III- Les difficultés de la fin du règne de David (11-20)
- Dans les années qui suivent, David mène une série de guerre contre ses voisins immédiats et remporte de nombreux succès. Désireux de réconcilier tout Israël, il accueille à sa table le dernier survivant de la lignée de Saül, Meribbaal, un fils de Jonathan. (8-10)
IV- Appendices (21-24)
- David n'est pas décrit dans le livre de Samuel comme un roi irréprochable. Victime de passions humaines, il va se comporter tel un criminel. ConvoitantBethsabée, la femme d'un de ses officiers, il va s'arranger pour faire assassiner son époux afin de la prendre pour femme (11). Suite à ce crime, le prophète Nathan dénonce la faute du roi. David se soumet au Seigneur et se reconnaît pécheur. Le premier enfant de Bethsabée va mourir très jeune et la nouvelle épouse de David va mettre au monde un second fils appelé à un brillant avenir: le jeune Salomon (12)
- Une autre triste affaire: Un des fils de David, Amnon, pris de désir pour une de ses demi-soeurs, Tamar, passe aux actes et la viole! Absalom, le fils aîné de David et frère de Tamar décide de venger sa soeur (ces histoires de parentés compliquées tiennent au fait que les rois de l'ancien Orient possédaient de véritables harems, avec des dizaines d'épouses et donc une foule de fils et filles demi-frères ou soeurs entre eux). Il fait assassiner Amnon et prend la fuite par crainte de la justice de son père (13)
- Après quelques temps, Absalom peut revenir à la cour car son père lui fait grâce (14). Mais le jeune prince se révolte contre son père David et tente de prendre le pouvoir (15).
- David en est réduit à fuir devant son fils, accompagné de quelques fidèles. Absalom règne à Jérusalem et, pour manifester son pouvoir, s'approprie le harem de son père! (16)
- David ne reste cependant pas inactif. Il possède un agent secret très proche d'Absalom et réussit à attirer le rebelle dans un piège (17). David ne souhaite pas la mort de son fils, mais Joab, son chef de guerre, l'élimine afin d'éviter toute nouvelle révolte. Très éprouvé par cette histoire, David pleure longuement son fils disparu (18).
- Les habitants de Jérusalem finissent par rappeler David (19). La fin du règne de David est marquée par une tension entre Juda et les tribus du Nord, ainsi que quelques révoltes sporadiques contre l'autorité du roi (20).
- Le livre se termine par diverses listes des officiers de David, la mention d'une famine et l'exécution des descendants de Saül encore en vie.
- David termine mal son règne en procédant à un recensement du peuple contre la volonté de Dieu.
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C'est la plus ancienne mise par écrit de l'histoire du David et de son accession au pouvoir. On l'attribue souvent au prêtre Ebyatar, le compagnon et conseiller de David qui a accompagné le futur roi d'Israël au moment où il fuyait devant Saül. Ebyatar est le descendants de la lignée sacerdotale du sanctuaire de Silo dont le grand-prêtre à l'époque de Samuel était Eli (d'où le nom de rédaction "élide"). Cette rédaction a ainsi conservé l'histoire de la jeunesse de Samuel ainsi que les aventures de l'Arche d'alliance. |
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Un peu plus tardive, cette rédaction date peut-être de la mort du roi Salomon (-931). Elle est attribuée au milieu sacerdotal entourant le grand-prêtre Sadoq. Sadoq va être à salomon ce qu'Ebyatar avait été à David: un prêtre mais aussi un conseiller. Lors de la mort de David, Ebyatar avait soutenu un autre fils de David alors que Sadoq avait pris le parti de Salomon. Une fois Salomon sur le trône, Sadoq a évincé Ebyatar dans ses fonctions sacerdotales. Cette rédaction s'attache à justifier la légitimité de cette passation de pouvoir en rabaissant le sanctuaire de Silo et en jetant le doute sur la qualité du sacerdoce des élides. La figure de Salomon est particulièrement mise en valeur. L'oracle de Nathan (2S 7) est un bon exemple de la rédaction sadocite. |
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Comme pour tous ces livres historiques, c'est la rédaction deutéronomiste qui achève le travail et donne au livre sa forme actuelle. Le souci du deutéronomiste est d'expliquer la faillite de la royauté en Israël, faillite sanctionnée par l'exil à Babylone. Aussi cette rédaction insiste sur le caractère négatif de la monarchie. On lui doit les grands discours de Samuel condamnant le projet du peuple. Pour lui, vouloir un roi, c'est rejeter Dieu. Rien de bon ne pourra venir d'un tel projet. Alors que les deux rédactions précédentes vont montrer comment Saül est un mauvais chef de guerre (et donc un mauvais roi), le deutéronomiste va insister sur la défaillance de Saül en tant que fidèle aux ordres du Seigneur. |
adapté plus précisément de cette page http://introbible.free.fr/p2s.html