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CHAPITRE 27 (1-40)
Jacob et Ésaü : l'homme de foi et le profane
Isaac confronté au monde
Isaac aveugle au jour de la bénédiction : v. 1,2
Dieu se nomme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Il s'est révélé à eux d'une manière directe, a établi son alliance avec eux et les relations intimes de ces patriarches avec l'Éternel les conduisent à un culte familial de génération en génération. Le chef de famille est reconnu par Dieu dans ses fonctions de sacrificateur et de prophète, comme nous le voyons déjà en Noé.
Dans ce chapitre, Isaac pense que le moment est venu de transmettre à son fils premier-né la bénédiction prophétique. Mais l'homme est aveugle.Pourquoi Isaac veut-il bénir Ésaü? : v. 3,4
Isaac s'apprête donc à bénir Ésaü, alors que la souveraineté de Dieu avait désigné Jacob comme l'élu, dès avant sa naissance, en vue des bénédictions divines. Son père sait aussi qu'Ésaü a méprisé son droit d'aînesse et l'a vendu, qu'il ne vit que pour la terre, qu'il s'est uni à deux filles idolâtres. Il est affligeant de constater que la satisfaction de ses sentiments et de ses goûts naturels passe avant l'état moral de son enfant et il se met en devoir de bénir celui que l'Éternel a réprouvé.
Combien de parents croyants se satisfont des qualités naturelles ou de la prospérité d'un enfant par ailleurs indifférent aux choses de Dieu. Ils savent pourtant qu'une seule chose compte : la bénédiction qui vient du Seigneur, en faveur de ceux qui lui appartiennent. Ainsi il convient, dans le cercle de famille comme dans la famille de la foi, que les liens soient formés et maintenus avant tout par ce qui est spirituel.
Maintenant Isaac n'a plus les sens exercés pour discerner la volonté de Dieu, pour juger entre ce qui est saint et ce qui est profane, à cause de sa préférence coupable et de sa gourmandise. Plus grave encore, il pense obtenir une inspiration particulière en faisant bonne chère et en usant de vin comme de boisson forte (v.25), ce que l'Éternel interdira à ceux qui devront s'approcher de lui (Lév.10:9-11; Éph.5:18,19).La décision de Rébecca : v. 5-7
Rébecca a entendu et compris la gravité du moment. Isaac est sur le point d'agir à l'encontre de la parole de Dieu dont elle a été la première dépositaire. Il serait bien normal qu'elle lui soit en aide en lui rappelant le propos divin. Mais aujourd'hui, le manque de communion spirituelle entre les deux époux (conséquence de leurs préférences naturelles au sujet de leurs enfants et peut-être du reniement d'Isaac au chapitre précédent), conduit Rébecca à user d'un surprenant stratagème. Elle discerne la souveraineté de Dieu dans le choix de son fils préféré, mais la dénie en intervenant à sa manière. Rébecca reste marquée par son caractère de famille, tout autant que par une foi sincère. Celle-ci lui avait donné la force de tout quitter à l'appel de Dieu, mais le caractère astucieux et trompeur des descendants de Nakhor n'est pas bridé chez elle et ne le sera pas non plus chez son digne fils Jacob.La tromperie de la mère et du fils : v. 8-25
Ce que vont chercher Rébecca et Jacob est certes une chose excellente, que Dieu leur aurait accordée de toute façon. Cependant, la fin ne justifie pas les moyens qu'ils vont employer. Dieu permettra la réussite de leurs plans, mais les sanctionnera ensuite par une vie semée d'épreuves, de peines et de chagrin.
Considérons cette mère qui commande à son fils à plusieurs reprises d'écouter sa voix plutôt que celle de l'Éternel ; elle est prête à prendre sur elle la malédiction que son fils risque d'encourir et étouffe la voix de sa conscience (v.12). Par sa naïve mise en scène, elle le poussera trois fois au mensonge (v.19,20,24). Mais Jacob est aussi pleinement responsable et récoltera ce qu'il sème. Il sera lui aussi douloureusement trompé par Laban son beau-père et par ses propres fils.
Le mensonge est haïssable pour le Dieu de vérité. Si la conscience des croyants a été exercée à cet égard dans les temps du support de Dieu (Rom.3:25), il n'est pas concevable qu'un enfant de Dieu dans le temps actuel puisse mentir et tromper, sans mesurer l'offense faite à Dieu par une telle pratique (Éph.4:25; Col.3:9).La bénédiction par la foi : v. 26-29
Isaac, malgré tout, accorde sans le savoir une bénédiction qui revient bien à Jacob et à Israël à sa suite ; elle se rapporte à une prospérité et un héritage terrestre. C'est la part d'Israël qui sera comme un premier-né pour Dieu (Ex.4:22) ; et la bénédiction des ancêtres (12:3) reposera à travers Jacob (v.29) puis Joseph (figure de Christ)(Gen.49:26), sur l'Israël futur (Nom.23:20; 24:9).
Ici, Isaac s'exprime par la foi ; c'est le seul acte de foi de ce patriarche qui soit relevé par l'Esprit Saint (Héb.11:20). Malgré son inconduite, il ouvre sa bouche non seulement comme oracle de Dieu, mais comme quelqu'un qui se tient devant lui. Il parle comme un homme qui, par la foi, dispose de tous les trésors de Dieu. Et cette foi lui dictera les paroles de bénédiction convenables pour Jacob et pour Ésaü "à l'égard des choses à venir".Le tremblement d'Isaac et les larmes d'Ésaü : v. 30-40
La venue d'Ésaü fait soudain prendre conscience au patriarche qu'il s'est conduit d'une misérable manière tout en prononçant une remarquable prophétie. Si la foi parle, la conscience aussi. Isaac est saisi d'un grand tremblement, non pas par colère ou dans la stupéfaction d'avoir été trompé, mais en réalisant avec effroi le danger auquel la grâce de Dieu vient de le faire échapper. Il prononce alors la plus belle parole de ce chapitre : "Je l'ai béni : aussi il sera béni", parole souveraine, comme l'est la pensée de Dieu à l'égard de Jacob et d'Israël (Nom.22:12; 23:20,23). La foi triomphe enfin de la nature et s'élève au-dessus de sa défaillance; ce ne sont pas les pleurs et les supplications d'Ésaü son fils préféré, qui le feront se repentir (Héb.12:17).
Mais pourquoi Ésaü, dont nous avons vu la conduite profane et méprisable à l'égard des choses sacrées, tombe-t-il dans une désolation extrême lorsqu'il voit la bénédiction s'enfuir? Parce qu'il la voulait sans désirer connaître l'Éternel qui bénit, sans désirer lui obéir. Il la convoitait en vue d'une vie prospère sur la terre puisqu'il s'en allait mourir (25:32) et il pensait en héritier de cette manière.
Dieu lui accorde alors par la bouche d'Isaac tout ce qu'un profane peut recevoir dans sa descendance et qui sera réalisé (2 Sam.8:14; 2 Chr.21:8). Mais en tout cela, comme pour Ismaël, il n'y a rien pour le ciel, rien pour Dieu. La vraie bénédiction qu'il demande en tant que premier-né, il ne l'aura pas car il l'avait rejetée précédemment et il est "rejeté" à son tour ; Isaac ne reviendra pas sur les bénédictions accordées ; il ne changera pas de disposition à l'égard d'Ésaü.
Aujourd'hui beaucoup de chrétiens de nom, mais profanes comme Ésaü, pensent héritier de la bénédiction divine sans la foi. Ils se confient en une religion de formes et de traditions bien souvent limitées à quelques cérémonies religieuses, à l'occasion des fêtes, du baptême, du mariage, du décès. Ils mêleront un jour leurs larmes à celles d'Ésaü parce que, comme lui, ils auront méprisés leurs privilèges (Matt.8:12).
FIN