Cette lettre est un écrit de circonstance, dont l'objectif est de
prémunir la communauté envers un courant de pensée appelé "philosophie" (2,8). Identifier cette "philosophie" est une
des grosses difficultés de cette épître. Cette philosophie implique une ascèse
dans le domaine alimentaire (2,16.21-22) comprise comme une purification
nécessaire pour entrer dans le monde céleste. Elle semble également impliquer
une sorte du culte des anges. Ces éléments peuvent orienter vers un culte à mystères peut-être d'inspiration juive à la base,
mais ayant emprunté divers éléments au monde grec, notamment à la tradition
pythagoricienne. L'Église de
Colosses n'a pas été fondée par Paul mais par un chrétien de la ville nommé
Epaphras. Les destinataires de la lettre sont des pagano-chrétiens de la cité, mais Col 4,16 invite à
diffuser cette lettre également dans la métropole voisine de Laodicée.
Pour beaucoup de commentaires, cette lettre
a été rédigée par un proche collaborateur de Paul, peut-être du vivant de
l'apôtre. Il est alors possible de la dater du séjour (et de la probable
captivité) de Paul à Ephèse (53-55). Pour d'autres
commentaires, la lettre est plutôt postérieure à la mort de Paul et serait à
dater dans la fourchette 70-80. En tout état de
cause, elle est antérieure à la lettre aux Ephésiens.
Plan
Préambule
Adresse et salutation (1,1-2)
Action de grâce (1,3-14)
Section dogmatique
Le mystère du Christ (1,15-23)
La mission de Paul (1,24-2,3)
La mise en garde contre les faux docteurs et leur
philosophie (2,4-23)
Section morale
Principes généraux (3,1-17)
Principes pour la vie familiale
Femme et mari (3,18-19)
Enfants et parents (3,20-21)
Esclaves et maîtres (3,22-4,1)
Exhortation
à la prière (4,2-4)
à la prudence (4,5-6)
Conclusion
Recommandations (4,7-9)
Salutation (4,10-17)
Voeu (4,18)
Les thèmes de la lettre
Avec l'hymne au Christ (1,15-20), la christologie de
l'épître accentue la dimension cosmique du Christ et
établit clairement son absolue supériorité sur toutes les puissances
surnaturelles. Le Christ préexistant et ressuscité maintient l'intégrité du
cosmos. L'Eglise est présentée au
moyen de la comparaison avec le corps dont le Christ
est la tête. Les chrétiens sont sauvés dès à présent par leur baptême et participent au monde
céleste. Mais cette expérience reste cachée et ne
sera vraiment manfeste qu'au jour de la manifestation eschatologique du
Christ. Les exigences éthiques de la lettre sont basées sur sa théologie.
L'auteur détaille les comportements domestiques que doit adopter le chrétien. Sa
base reste le modèle patriarcal romain que l'auteur ne remet pas
fondamentalement en cause.
Un texte représentatif : l'hymne au Christ
(1,15-20)
Col 1,15 Il est l'Image du Dieu invisible,
Premier-Né de toute créature, 16 car c'est en
lui qu'ont été créées toutes choses, dans les
cieux et sur la terre, les visibles et les
invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés,
Puissances ; tout a été créé par lui et pour
lui. 17 Il est avant toutes choses et tout
subsiste en lui. 18 Et il est aussi la Tête du
Corps, c'est-à-dire de l'Église : Il est le
Principe, Premier-né d'entre les morts, il
fallait qu'il obtînt en tout la primauté, 19 car
Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude 20 et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que
dans les cieux, en faisant la paix par le sang
de sa croix.